Archive d’étiquettes pour : Bruxelles

La Tour Noire, place Sainte-Catherine, étreinte entre deux bras d’un hôtel moderne, constitue un des derniers vestiges de la première enceinte de Bruxelles, construite sous le règne du duc de Brabant Henri Ier (1190-1235). La ville, à cette époque, connait un essor important et les 4 km de fortifications vont, très provisoirement, en délimiter l’espace urbain. Outre le rôle défensif évident, la muraille et ses tours crénelées avaient pour but d’asseoir le prestige et la puissance des ducs de Brabant. L’ouvrage incluait le port de Bruxelles situé, comme nous l’avons vu précédemment, sur le site de l’ancien parking 58, la collégiale St-Michel-et-Gudule et le palais du Coudenberg. En 1357, alors que la guerre pour la succession du duc Jean III fait rage dans tout le Brabant, le comte de Flandre, Louis de Maele, pénètre dans Bruxelles par la porte de Sainte-Catherine. La facilité avec laquelle il réussit à s’emparer de la ville met en évidence les insuffisances de la première enceinte. Fort heureusement, dans la nuit du 24 octobre 1356, notre héros régional, Éverard t’Serclaes escalada les murs de la ville à la tête de patriotes bruxellois et permit aux troupes de Jeanne de Brabant de reprendre la ville.

La seconde enceinte fut alors érigée, d’une longueur de 8 km. Le premier ouvrage n’est cependant pas déclassé, il conservera son rôle militaire jusqu’à la fin du XVIème siècle. Devenue un obstacle à la circulation intramuros, il sera alors progressivement démantelé. Certaines parties, enclavées dans le tissu urbain, vont parvenir jusqu’à nous. La Tour Noire en fait partie, noyée dans les constructions voisines et ne sera « redécouverte » que lors des grands chantiers du voûtement de la Senne à la fin du XIXème siècle, lorsque seront démolies les maisons qui l’enserraient. Elle devra sa survie au bourgmestre de l’époque, Charles Buls, ardent défenseur du patrimoine architectural de Bruxelles. En 1888-1889, l’architecte de la ville Victor Jamaer la restaure en la restituant dans son état du XVIe siècle. A l’époque, elle était vraisemblablement devenue propriété privée lorsqu’on vendit, après le creusement du bassin Sainte-Catherine, les terrains situés le long de ce bassin, entre la rue de Laeken et la rue Sainte-Catherine. Tout porte à croire que cette ancienne tour de défense a été transformée pour accueillir l’administration urbaine chargée de l’approvisionnement et de la vente du sel. Elle fut ensuite transformée en taverne sous l’enseigne « In de Toren ».

Le fossé qui la longeait du côté extramuros, face à l’actuelle place Ste Catherine (anciennement place de la Grue) a fait place au bassin Ste Catherine lors de l’aménagement du port au XVIème siècle.

La Tour Noire, telle qu’on peut l’admirer aujourd’hui présente sa face arrondie bâtie à l’origine en moellons. Les pierres de taille incrustées datent de la restauration de Victor Jamaer. Le rez-de-chaussée est couvert de lierre et le premier étage percé de très fines meurtrières. Un bandeau de pierres de taille le sépare du second, lequel résulte de la transformation du parapet crénelé du chemin de ronde originel, ce qui explique sa hauteur réduite et ses larges meurtrières qui sont en fait un reliquat des créneaux.

The Black Tower – part of old fortifications of Brussels, behind the St. Catherine Church in the city centre.

Voilà neuf siècles qu’elle fait partie de la vie de notre quartier. Jadis, elle protégeait une petite bourgade florissante qui vivait au fil d’une rivière aux eaux limpides. Elle faisait face à une campagne verdoyante, des vergers, des vignes, des prairies où paissaient des troupeaux, quelques marécages encore, semés d’iris sauvages. La seconde enceinte l’a aveuglée et noyée dans l’oubli. Les grands chantiers l’ont dégagée, le discernement de quelques hommes a permis sa préservation. Elle porte dans ses pierres l’empreinte de notre histoire, peut-être la nostalgie d’un lointain passé. Dans sa pérennité, il y a comme une confiance dans l’avenir, dans la sagesse des hommes et des femmes qui feront le monde de demain.

Source principale : Brochure des journées du patrimoine 2011 de la région de Bruxelles-Capitale

Amoureux de son quartier,
un dynamisme fou
un grand savoir-faire au service de tous

Alexis devant la fameuse voiture

Depuis combien de temps es-tu dans le quartier ?

De mémoire, je dirais 1992/1993


Pourquoi as-tu choisi ce quartier ? Comment y es-tu arrivé?

Mon père avait repris un restaurant en 92/93 qui s’appelait« le Jardin de Catherine » à l’époque, qui est ensuite devenu « le Jaloa », et puis« La Brasserie Van Gogh ». Cela fait un moment déjà : je dirais 2007 ! Après, il a eu « le Fourneau Ibérique » pendant 2 ans. Ce restaurant a été ensuite repris par 2 autres personnes encore avant que cela devienne « le Kip Kot ». Moi-même, je suis ici depuis 2006 avec le magasin.

Un magasin comme le tien avec une si belle vaisselle n’est pas si courant ! Comment t’es venue l’idée d’offrir cela au quartier ?

Je suis né dans un milieu de restaurateurs et j’ai fait des études de commerce. J’ai travaillé dans l’import-export. Avant le magasin, j’ai travaillé à l’étranger avant de revenir en Belgique avec 2 ou 3 idées. Et j’ai donc lié ce que je connaissais de la restauration et l’import-export. Et le magasin est né !

D’autre part, tu es également fort investi dans le Comité de Quartier. Comment es-tu arrivé à cette fonction ?

Je ne me considère pas « fort » investi. Cela fait un an que j’ai avancé dans ce domaine parce que je trouvais qu’il y avait des choses à faire bouger, moderniser certaines choses dans le quartier, notamment par la création d’un site, afin d’avoir une meilleure visibilité. J’étais venu avec quelques idées. Marc Withofs, qui en était le président à ce moment là, m’a accueilli les bras grands ouverts ! On a lancé le projet et on continue à être assez actifs.

Ici, c’est un quartier, c’est un village même, qui est riche d’histoire et qui, à mes yeux est « inexploité » ! Il y a énormément de touristes. J’ai encore eu 2 touristes ce matin avant ton arrivée qui me demandaient des infos parce qu’il n’y a rien pour les guider. Il faut savoir que la Ville a toujours utilisé cette place comme lieu d’événements car c’est l’une des plus grandes de Bruxelles. Je pense que la Ville n’a pas envie de s’encombrer avec des panneaux et préfère garder la zone dégagée !

Mais on va y arriver petit à petit car il y a de plus en plus de touristes. Et l’une des raisons pour lesquelles je voulais aller dans le Comité, c’est pour faire découvrir ce quartier aux Bruxellois surtout ! Je suis Bruxellois dans l’âme. Je ne suis pas né ici-même. Mais je suis né à seulement 500m à vol d’oiseau. Je connais bien ce quartier que j’affectionne particulièrement et qui évolue bien !

Au niveau familial, vous êtes très intégré dans le lieu !

Oui ! On peut dire que c’est un petit peu mon territoire, même si j’ai grandi en dehors par après. Mais je revenais toujours ici ! Je suis un Ket de Bruxelles ! (dans un grand éclat de rire !)

Alexis au DISHES FACTORY

Tu es donc le Maître d’œuvre du site stcath.be ! (site à consulter sans modération ! –Ndlr)

J’ai surtout donné la marche à suivre à une société qui a fait cela pour nous. La Ville nous a aidé pour ce site parce que financièrement, c’est un gros budget.

Bien sûr il y a de petites erreurs. Ce n’est jamais au top comme on le voudrait. Ce n’est pas mon métier non plus. On a fait ça du mieux qu’on pouvait. On a voulu quelque chose qui soit intemporel parce qu’on ne voudrait pas devoir tout changer dans 5 ans. Il y a des gens qui peuvent critiquer cela parce que ce n’est pas assez moderne à leurs yeux. Nous, ce que nous voulons, c’est que ce soit un site qui reste et qui vive !

Nous avons expliqué le projet lors de la dernière réunion de quartier . Maintenant, c’est principalement aux commerçants de le dynamiser. On a mis une voiture à disposition. L’essence, c’est eux : il faut que tout le monde se bouge un peu !

Pourrais-tu évaluer le nombre d’heures que tu as investies dans ce projet ?

Infaisable !!! Je sais que tout l’été dernier, je rentrais à la maison vers 19/20h. Et je bossais jusqu’à 23h00 à collecter les données, etc … Car – bien entendu – je ne les ai pas reçues de la part de 99, 99% des commerçants (dit-il avec un large sourire !). Et donc, j’ai dû beaucoup bosser bénévolement. C’est pour cela que maintenant, j’ai demandé que quelqu’un s’occupe de la Com. Parce que je n’ai plus le temps de faire ça !

Tu as largement prouvé être impliqué dans la vie du quartier. As-tu des souhaits particuliers pour son avenir ? Quels sont tes rêves pour le quartier ?

Je suis un peu un utopiste dans l’âme !!! Je pense que le quartier pourrait se développer d’une très belle manière, que ce soit sur le plan écologique, ou encore dans l’interrelation entre habitants et commerçants. A mes yeux, là où le bât blesse actuellement, c’est au niveau de la communication avec la Ville. Il y en a une, bien sûr, mais elle n’est pas toujours évidente. Les responsables de la Ville sont là pour une certaine durée alors que nous, nous sommes là pour très longtemps. C’est le milieu politique qui veut cela : chacun souhaite marquer de son empreinte le peu de temps où il est présent. Ils viennent chacun avec des idées qui – pour moi – ne sont pas toujours adaptées et qui sont souvent en retard avec la réalité du terrain.

On nous demande, à nous, de nous gérer en « bon père de famille », sous menace de faillite. Et personnellement, je trouve que la Ville et les décisions qui sont prises ne le sont pas « en bon père de famille » ! Pour rester politiquement correct, je vais dire ça comme ça (autre large sourire !).

Maintenant, voilà : je suis indépendant et le Bourgmestre est du PS. Ce n’est pas pour autant qu’on ne s’entende pas ou que l’on ne se comprenne pas. C’est quelqu’un qui a des idées. Mais tous restent des politiciens. Il faut voir dans tous cela ce que l’on peut « obtenir » ! C’est vraiment le mot clé !

Mon souhait est que les gens se sentent bien dans le quartier, que les Bruxellois se le réapproprient. Il y a de plus en plus de touristes mais je trouve ça bien quand je vois des familles bruxelloises, avec des langues « mélangées », français, néerlandais, anglais, de voir des « nouveaux Bruxellois » qui se sont installés. Cela amène une dimension « multiculturelle ». Je trouve que le métissage culturel fait la richesse d’un peuple. C’est important.

J’adore ton « image de marque » : une Fiat 500 jaune absolument craquante !!! D’où t’es venue l’idée ?

En fait, l’ idée n’est pas de moi ! Elle est de mon père : via un des patrons du Latini de l’époque, un de ses amis italiens, il l’a faite venir de Naples. Cela fait plus de 13 ans qu’elle est là. On l’a faite restaurer et elle est devenue l’emblème du magasin. Et les gens sont un peu inquiets quand elle n’est pas là ! Il y a peu, j’ai dû lui faire refaire tout le bas de caisse qui était complètement rouillé, et les gens venaient me voir en me disant : « Il paraît que vous fermez ??? », « Vous faites faillite ???? », « Vous l’avez vendue ??? » ! J’ai donc mis une banderole avec sa photo pour rassurer le public. Et j’étais content quand elle est revenue parce qu’une vielle dame, qui devait avoir dans les 80 ans, est venue dans le magasin et elle m’a dit : «  Monsieur, cela fait 45 ans que je suis ici. Je fais partie des meubles et votre voiture aussi maintenant !  Elle est de nouveau là et tout va bien !».

Elle fait partie du décor et c’est chouette !

Je ne peux m’empêcher de m’exprimer directement à Alexis pendant l’interview par ces quelques paroles :  J’aime beaucoup cet aspect de « voyage dans le temps », de passer des images du passé au présent et vice versa parce que cela donne effectivement la notion de « durée » !