Tour de l'ancienne église Sainte-Catherine de Bruxelles — Wikipédia
Emblème de notre Carillon, la tour est l’ultime vestige de l’église Sainte-Catherine qui précéda l’église actuelle.

L’ancienne église était plus petite (50, puis 80 m x 30 m) Elle remplaçait une chapelle initiale adossée à la première enceinte. Elle fut construite en style gothique aux XIVe et XVe siècles. Devis 600 florins pour une maçonnerie de 1,25 m d’épaisseur. 

Au XVIIe siècle, on lui ajouta d’un chœur et d’un clocher baroque. La construction de ce clocher se fit en plusieurs étapes. Pendant 35 ans, les Bruxellois purent contempler une tour arrêtée au  deuxième étage et coiffée d’une toiture provisoire en chaume. Terminée en 1644, la tour carrée est en grès,  surmontée d’une d’une toiture octogonale à petit bulbe. En 1745, elle fut équipée d’une horloge à quatre cadrans et d’une flèche. Les cadrans indiquaient les heures de départ des barques publiques pour Vilvorde, Malines et Anvers.

L’église n’est pas à l’abri des inondations. En 1846, le dallage de marbre est restauré mais en 1850, il s’affaisse de nouveau. Les offices sont interrompus pendant plusieurs jours.

En 1851, on peut lire dans un journal local :« De tous les édifices religieux de Bruxelles, Sainte Catherine est le moins digne de sa destination, le moins digne d’appartenir à une grande ville. Architecture bâtarde, la façade, masse informe n’appartient à aucun style, c’est la façade d’une église de village, irrégulière de toutes façons, un amalgame de styles où domine le gothique. Jamais on n’en fera un édifice convenable ».  

En 1853, pose de la première pierre de la nouvelle église : « l’ancienne sera probablement démolie sous peu. Il n’en restera que la tour, qui sera considérée comme appartenant au nouveau temple, quoiqu’elle en soit séparée. »

A partir de la consécration de la nouvelle église, le bâtiment accueillera des expositions-tombolas organisées par la Société royale de Philanthropie. Elle servira également au remisage des décors de la Monnaie. En 1879, s’y installera un dépôt mortuaire pour adultes et enfants pauvres avant le transfert des corps au cimetière.
Dans l’ancien presbytère, une grande salle est organisée en salle d’hôpital : 15 lits, 8 grands et 7 petits !

En 1883, lors de l’assainissement du quartier de la Vierge Noire, deux solutions sont proposées : isoler l’église désaffectée au milieu d’un square ou la démolir complètement.
Grâce à Charles Buls, la tour sera épargnée. Des esthètes y découvrent la splendeur des plafonds, chefs d’œuvre d’artistes italiens du 18e. Ils y auraient utilisé un ciment spécial « dont le secret ne nous est pas parvenu. (1888) ».

La démolition commence finalement en 1889. La morgue est transférée rue Melsens (puis dans la tour). Les décors de la Monnaie déménagent vers la chaussée d’Anvers.
Sous le maître-autel, on découvre « un caveau scellé par une dalle de marbre. Un escalier de quelques marches y donne accès. De part et d’autre, des squelettes parfaitement conservés dont celui du dernier curé de la paroisse M. Rombaut. »

Entre 1913 à 1930, la ville procéda à sa restauration. Elle sert actuellement de dépôt pour le matériel de Bruxelles propreté du quartier

Le peintre belge Henri Lallemand nous a laissé plusieurs toiles montrant le bassin, l’ancienne église et le Marché au Poisson.

Au numéro 46, les promeneurs qui franchissent le portail, découvrent au bout d’un couloir de 33 mètres, une magnifique façade sous une verrière. C’est la maison de la Bellone.

Le bâtiment a été construit en 1697, après le bombardement de Bruxelles par le maréchal de Villeroy, à l’emplacement du couvent des Sœurs blanches de la Rose de Jéricho. Le maître d’œuvre, Nicolas Bally, avait chargé Jean Cosyn de la décoration. Il en résulte des ressemblances avec la maison des Boulangers, dite le Roi d’Espagne, attribuée au même sculpteur. La maison se situe en retrait de la rue, ce qui l’a protégée des agressions. Elle changea souvent de propriétaire jusqu’en 1913, lorsque, grâce à Charles Buls, la ville de Bruxelles en fit l’acquisition. Elle connut de nombreuses affectations, pouponnière, bureau de police, centre de musculation…En 1980, elle devient la Maison du Spectacle.  

La façade est un écrin pour de nombreux symboles. A commencer par le buste de la Bellone, déesse de la guerre, entourée par des étendards et qui célèbre la victoire de Zenta (victoire des Autrichiens sur les Turcs en septembre 1697).

Maintenant, comme Athéna, déesse de la guerre et des arts, elle préside aux affrontements des artistes sous les feux de la rampe.

L’équipe atelier CYCLO rue de Flandres à Bruxelles

Bonjour Luben ! Êtes-vous l’initiateur du projet « ATELIER CYCLO » ?

Non ! Pas du tout !

En fait, vous êtes Ici dans le premier atelier officiel de l’ASBL « CYCLO », une initiative dans l’économie sociale qui promeut le vélo à BXL via la technique vélo, le recyclage, la culture et l’innovation. Cet endroit a été le tout premier créé par le coordinateur du projet initial à l’époque.

Quand je suis arrivé en 2004, nous étions plus ou moins 8 personnes pour la coordination, l’équipe engagée à temps plein, ainsi que le projet de formation à la technique cyclo qui existe depuis toujours.

En quoi consiste le travail de l’ASBL ?

C’est un projet de formation pour des personnes qui ont peu d’acquis culturel, linguistique, de scolarisation, de culture du travail et de culture en général, et qui ont besoin de mettre un pied dans le métier en Belgique, de manière à pouvoir poursuivre un parcours professionnel. Je suis entré dans CYCLO par ce principe-là. Par la suite, j’ai été engagé et depuis ce moment, je suis là ! J’ai pu bénéficier du poste de Chef d’atelier. Je me charge de faire fonctionner les différents lieux, car nous avons encore 8 autres ateliers, plus le bureau, plus des petites choses qui sont en collaboration avec le quartier. Il n’y a pas que cet Atelier à BXL Ils fonctionnent tous simultanément.

Quelle est votre fonction actuelle dans l’Atelier ?

Quand je suis devenu chef d’atelier en 2005, je me suis occupé de différentes choses. D’abord, de l’atelier de réparation. J’ai toujours voulu donner aux gens la possibilité de réparer eux-mêmes, le « Do it Yourself » comme on dit ! Mais le gros du travail consistait en la réparation « pure » des vélos », les entretiens, l’accompagnement des stagiaires en formation, ainsi, bien sûr, que toute la logistique qui tourne autour ! Plus tard, sans entrer dans le détail, la coordination a changé. Le projet a grandi ! Il n’y a pas moins de 70/80 personnes qui y travaillent. La création d’emploi est un des buts de CYCLO, à travers la mobilité et le vélo bien sûr, au sein de CYCLO, mais aussi former les gens pour qu’ils puissent trouver du travail ailleurs, ou créer du travail eux-mêmes. L’aspect d’accompagnement des stagiaires reste primordial.

L’Atelier Cyclo rue de Flandre a une spécificité propre ?

Depuis cette année, cet atelier est devenu un atelier participatif entièrement consacré au Do it Yourself. Les gens viennent travailler ici eux-mêmes avec différentes options : si ils sont capables de se débrouiller seuls  pour réparer, ils peuvent profiter de toute l’infrastructure pour un tarif très bas: les pièces, l’outillage,… Il y a également le système « accompagné » pour apporter de l’aide quand il y a des lacunes. Là le tarif est un peu plus élevé. Ensuite, il y a la formule d’apprentissage pur, c’est-à-dire pour des personnes qui n’ont aucune connaissance, avec des modules de cours du soir. Vous pouvez vous rendre sur notre site cyclo.org où vous trouverez la description complète et bien plus large de notre activité de ce que je peux dire ici. Ce que nous proposons est énorme !

Vous pouvez développer ?

Notre but principal est de développer cette ville pour qu’elle soit meilleure ! C’est le grand « bénéfice » que nous recherchons. Nous sommes une ASBL Le but n’est pas lucratif ! Une ville meilleure avec plus d’outils pour une mobilité meilleure et durable, dans un esprit qui améliore la mobilité et la vie des gens ! Nous essayons de proposer cela dans tous les aspects.

L’atelier de réparation n’est que la partie visible de l’iceberg ! Beaucoup de gens travaillent dans de nombreuses directions : le développement des parkings vélo, le travail avec les différents représentants du gouvernement pour améliorer l’infrastructure urbaine, jusqu’au tri et la récupération des écrous …. Au niveau conception, nous essayons de toucher à tous les aspects du développement du vélo. Mais notre but n’est pas de vendre des vélos. Nous ne sommes pas en concurrence avec le monde du privé mais bien complémentaires. Nous souhaitons que le monde privé continue, que les gens continuent à travailler, à gagner leur vie. Le bénéfice n’est pas quelque chose de criminel ! Les gens doivent travailler.

Nous sommes limités au niveau des accessoires : nous avons de quoi dépanner un ou deux modèles avec des petites choses : un pneu, un phare, une sonnette. On ne partira pas à pieds d’ici !

Si on veut du choix, des gammes, des catalogues, … on va diriger les gens vers le privé, de manière à travailler ensemble.

Ici, le but est que les gens travaillent eux-mêmes. Nous visons un développement « primaire »  pour donner cette richesse d’être indépendants, d’être plus forts, pas seulement en pédalant mais en acquérant la culture vélo ! Cela va de la biologie de l’homme qui est le « moteur » du vélo jusqu’à l’acier, le métal, le caoutchouc, ce qui constitue le vélo lui-même, son utilisation en milieu urbain, en voyage, en activité lucrative ou en sport extrême. On arrive à aider un peu tout le monde !

Votre gamme d’action est très large !

Une autre chose que je souhaite mentionner : le grand dépôt de vélos trouvés. On les publie des photos avec description sur velosretrouves.be pendant 3 mois, de manière à permettre aux gens de les récupérer. Dans le cas où ils ne le sont pas, ils sont réparés et revendus à des organismes d’utilité publique : écoles, maisons des jeunes, tous ceux qui ont besoin de se déplacer ou d’avoir une flotte de vélos.

Nous avons également un atelier mobile pour nous rendre dans les entreprises. Bref, une fourmilière de fonctionnement ! C’est important pour les lecteurs de savoir qu’il y a beaucoup plus d’endroits qu’ici. Il est courant aussi que des gens qui viennent chez nous ne savent pas tout ce qu’il y a derrière Cyclo car on n’a pas toujours le temps de faire tout un discours. L’important, c’est de s’occuper des gens et des vélos ! Je précise que je ne représente que l’Atelier Cyclo de la rue de Flandre. C’est très difficile de parler de tous les centres et de tous les projets en cours !

Nous avons une responsable de la Communication, Caroline Demonck, que je vous invite à rencontrer car elle va avoir un discours encore plus correct et global que le mien ! (caroline@cyclo.org) .

On offre de plus en plus de place au vélo dans la ville. Avec votre expérience, que pensez-vous de ce qui pourrait se faire mieux ?

Je ne vais pas inventer des choses car je ne suis pas ingénieur dans l’aménagement du territoire. Mais il y a des exemples visibles, concrets chez nos voisins très proches : Hollande, Danemark, et tous les pays nordiques. Prenons donc exemple, et amenons cela dans un territoire qui est tout à fait roulant et aménageable pour le vélo ! Les bosses qu’il y a sont « courtes », 500 m, 1 km maximum. Cà avance, avec des choses qui se construisent mais avec notre « surréalisme » national, nous avons des pistes cyclables qui ne commencent nulle part et qui ne s’arrêtent nulle part ! Même peintes en rouge, avec des tas de lignes, ce ne sont pas de vraies pistes cyclables ! Une piste, c’est pour aller d’un point à un autre et pas de « nulle part » à « nulle part ». Il y a de la bonne volonté derrière. Mais il y a un tel micmac administratif, des pouvoirs divers sur un même territoire que la prise de décision devient difficile. On ne doit pas s’étonner que les choses aillent si lentement. Mobilité globale et durable avec vision globale ! C’est ce qu’il faut. Mais les choses avancent peu à peu !

Et que pensez-vous du quartier ?

C’est un quartier que j’aime depuis toujours. Il évolue avec le temps. Il s’urbanise de plus en plus, mais il reste toujours « bruxellois », un aspect que j’aime beaucoup. J’ai toujours habité un peu partout, mais ici, cela reste mon deuxième quartier, et finalement c’est ici que je passe le plus de temps vu que j’y bosse !

Amoureux de son quartier,
un dynamisme fou
un grand savoir-faire au service de tous

Alexis devant la fameuse voiture

Depuis combien de temps es-tu dans le quartier ?

De mémoire, je dirais 1992/1993


Pourquoi as-tu choisi ce quartier ? Comment y es-tu arrivé?

Mon père avait repris un restaurant en 92/93 qui s’appelait« le Jardin de Catherine » à l’époque, qui est ensuite devenu « le Jaloa », et puis« La Brasserie Van Gogh ». Cela fait un moment déjà : je dirais 2007 ! Après, il a eu « le Fourneau Ibérique » pendant 2 ans. Ce restaurant a été ensuite repris par 2 autres personnes encore avant que cela devienne « le Kip Kot ». Moi-même, je suis ici depuis 2006 avec le magasin.

Un magasin comme le tien avec une si belle vaisselle n’est pas si courant ! Comment t’es venue l’idée d’offrir cela au quartier ?

Je suis né dans un milieu de restaurateurs et j’ai fait des études de commerce. J’ai travaillé dans l’import-export. Avant le magasin, j’ai travaillé à l’étranger avant de revenir en Belgique avec 2 ou 3 idées. Et j’ai donc lié ce que je connaissais de la restauration et l’import-export. Et le magasin est né !

D’autre part, tu es également fort investi dans le Comité de Quartier. Comment es-tu arrivé à cette fonction ?

Je ne me considère pas « fort » investi. Cela fait un an que j’ai avancé dans ce domaine parce que je trouvais qu’il y avait des choses à faire bouger, moderniser certaines choses dans le quartier, notamment par la création d’un site, afin d’avoir une meilleure visibilité. J’étais venu avec quelques idées. Marc Withofs, qui en était le président à ce moment là, m’a accueilli les bras grands ouverts ! On a lancé le projet et on continue à être assez actifs.

Ici, c’est un quartier, c’est un village même, qui est riche d’histoire et qui, à mes yeux est « inexploité » ! Il y a énormément de touristes. J’ai encore eu 2 touristes ce matin avant ton arrivée qui me demandaient des infos parce qu’il n’y a rien pour les guider. Il faut savoir que la Ville a toujours utilisé cette place comme lieu d’événements car c’est l’une des plus grandes de Bruxelles. Je pense que la Ville n’a pas envie de s’encombrer avec des panneaux et préfère garder la zone dégagée !

Mais on va y arriver petit à petit car il y a de plus en plus de touristes. Et l’une des raisons pour lesquelles je voulais aller dans le Comité, c’est pour faire découvrir ce quartier aux Bruxellois surtout ! Je suis Bruxellois dans l’âme. Je ne suis pas né ici-même. Mais je suis né à seulement 500m à vol d’oiseau. Je connais bien ce quartier que j’affectionne particulièrement et qui évolue bien !

Au niveau familial, vous êtes très intégré dans le lieu !

Oui ! On peut dire que c’est un petit peu mon territoire, même si j’ai grandi en dehors par après. Mais je revenais toujours ici ! Je suis un Ket de Bruxelles ! (dans un grand éclat de rire !)

Alexis au DISHES FACTORY

Tu es donc le Maître d’œuvre du site stcath.be ! (site à consulter sans modération ! –Ndlr)

J’ai surtout donné la marche à suivre à une société qui a fait cela pour nous. La Ville nous a aidé pour ce site parce que financièrement, c’est un gros budget.

Bien sûr il y a de petites erreurs. Ce n’est jamais au top comme on le voudrait. Ce n’est pas mon métier non plus. On a fait ça du mieux qu’on pouvait. On a voulu quelque chose qui soit intemporel parce qu’on ne voudrait pas devoir tout changer dans 5 ans. Il y a des gens qui peuvent critiquer cela parce que ce n’est pas assez moderne à leurs yeux. Nous, ce que nous voulons, c’est que ce soit un site qui reste et qui vive !

Nous avons expliqué le projet lors de la dernière réunion de quartier . Maintenant, c’est principalement aux commerçants de le dynamiser. On a mis une voiture à disposition. L’essence, c’est eux : il faut que tout le monde se bouge un peu !

Pourrais-tu évaluer le nombre d’heures que tu as investies dans ce projet ?

Infaisable !!! Je sais que tout l’été dernier, je rentrais à la maison vers 19/20h. Et je bossais jusqu’à 23h00 à collecter les données, etc … Car – bien entendu – je ne les ai pas reçues de la part de 99, 99% des commerçants (dit-il avec un large sourire !). Et donc, j’ai dû beaucoup bosser bénévolement. C’est pour cela que maintenant, j’ai demandé que quelqu’un s’occupe de la Com. Parce que je n’ai plus le temps de faire ça !

Tu as largement prouvé être impliqué dans la vie du quartier. As-tu des souhaits particuliers pour son avenir ? Quels sont tes rêves pour le quartier ?

Je suis un peu un utopiste dans l’âme !!! Je pense que le quartier pourrait se développer d’une très belle manière, que ce soit sur le plan écologique, ou encore dans l’interrelation entre habitants et commerçants. A mes yeux, là où le bât blesse actuellement, c’est au niveau de la communication avec la Ville. Il y en a une, bien sûr, mais elle n’est pas toujours évidente. Les responsables de la Ville sont là pour une certaine durée alors que nous, nous sommes là pour très longtemps. C’est le milieu politique qui veut cela : chacun souhaite marquer de son empreinte le peu de temps où il est présent. Ils viennent chacun avec des idées qui – pour moi – ne sont pas toujours adaptées et qui sont souvent en retard avec la réalité du terrain.

On nous demande, à nous, de nous gérer en « bon père de famille », sous menace de faillite. Et personnellement, je trouve que la Ville et les décisions qui sont prises ne le sont pas « en bon père de famille » ! Pour rester politiquement correct, je vais dire ça comme ça (autre large sourire !).

Maintenant, voilà : je suis indépendant et le Bourgmestre est du PS. Ce n’est pas pour autant qu’on ne s’entende pas ou que l’on ne se comprenne pas. C’est quelqu’un qui a des idées. Mais tous restent des politiciens. Il faut voir dans tous cela ce que l’on peut « obtenir » ! C’est vraiment le mot clé !

Mon souhait est que les gens se sentent bien dans le quartier, que les Bruxellois se le réapproprient. Il y a de plus en plus de touristes mais je trouve ça bien quand je vois des familles bruxelloises, avec des langues « mélangées », français, néerlandais, anglais, de voir des « nouveaux Bruxellois » qui se sont installés. Cela amène une dimension « multiculturelle ». Je trouve que le métissage culturel fait la richesse d’un peuple. C’est important.

J’adore ton « image de marque » : une Fiat 500 jaune absolument craquante !!! D’où t’es venue l’idée ?

En fait, l’ idée n’est pas de moi ! Elle est de mon père : via un des patrons du Latini de l’époque, un de ses amis italiens, il l’a faite venir de Naples. Cela fait plus de 13 ans qu’elle est là. On l’a faite restaurer et elle est devenue l’emblème du magasin. Et les gens sont un peu inquiets quand elle n’est pas là ! Il y a peu, j’ai dû lui faire refaire tout le bas de caisse qui était complètement rouillé, et les gens venaient me voir en me disant : « Il paraît que vous fermez ??? », « Vous faites faillite ???? », « Vous l’avez vendue ??? » ! J’ai donc mis une banderole avec sa photo pour rassurer le public. Et j’étais content quand elle est revenue parce qu’une vielle dame, qui devait avoir dans les 80 ans, est venue dans le magasin et elle m’a dit : «  Monsieur, cela fait 45 ans que je suis ici. Je fais partie des meubles et votre voiture aussi maintenant !  Elle est de nouveau là et tout va bien !».

Elle fait partie du décor et c’est chouette !

Je ne peux m’empêcher de m’exprimer directement à Alexis pendant l’interview par ces quelques paroles :  J’aime beaucoup cet aspect de « voyage dans le temps », de passer des images du passé au présent et vice versa parce que cela donne effectivement la notion de « durée » !

La transmission

Tel un vaisseau de pierre trônant au bout des bassins, l’église qui a donné son nom à notre quartier n’a pas l’ancienneté que son état pourrait laisser supposer, un état qu’accentue le contraste avec sa façade fraîchement rénovée. Ce n’est qu’en 1874 qu’eut lieu sa consécration. Détail amusant, c’est la seule église bâtie dans le pentagone après la chute de l’Ancien Régime. On la doit à Joseph Poelaert, le « skieven architek » du Palais de Justice, et à son élève Wynand Janssens. On la dit d’un style « éclectique », savant « melting pot » de gothique et de baroque. Alors qu’à l’intérieur, la nef en pierre de Gobertange inspire une très belle impression d’élévation, l’extérieur, alourdi de contreforts, donne à l’ensemble une allure trapue et massive, sans grande élégance.

A la jonction de la rue Melsens se dresse un campanile baroque qui procure à ce coin de la place un petit air d’Italie. Classé depuis 1936, il constitue le dernier vestige de l’église précédente, démolie en 1893. Celle-ci, édifiée par étapes entre les XIVème et XVème siècles, avait elle-même remplacé une petite chapelle adossée au premier rempart de la ville, déjà présente dès 1200. A l’entrée de l’église actuelle, des panneaux bien illustrés nous édifient sur son histoire : en octobre 1369, des hosties consacrées sont dérobées dans son tabernacle. Transpercées à coups de couteau, du sang s’en écoule miraculeusement, à la stupéfaction des profanateurs. Ces hosties miraculeuses, baptisées le Très Saint Sacrement de Miracle, seront abritées dans la cathédrale Saint Michel et Gudule et transportées chaque année en procession dans les rues de Bruxelles, jusqu’en 1967.

L’ancienne église Sainte Catherine hébergeait une vierge noire. Depuis le XIe siècle, elle était l’objet d’une importante piété populaire. En 1744, elle fut volée et jetée à la Senne. Quelques jours après ce larcin, des habitants du quartier la virent flotter dans l’eau alors que, sculptée dans la pierre, elle aurait dû couler. En fait, elle reposait sur une masse de tourbe mais les gens y virent un heureux présage et la vénérèrent d’autant plus. Depuis janvier 2015, elle a repris place dans l’église actuelle.

Entre 1874 et 1893, les deux églises ont donc cohabité pendant une vingtaine d’années. Les œuvres précieuses ont été transférées de l’ancienne à la nouvelle: le lavabo, les armoires de sacristie, un monument commémoratif érigé en souvenir du peintre Ferdinand-Marie Delvaux, mort empoisonné en 1815 près de Bologne.

L’ancienne église, après plus de cinq cents ans d’existence, va laisser la place à une centrale électrique destinée à l’éclairage public, alors en plein développement. Entrée en fonction dès 1902, elle a été habilement intégrée dans le tissu urbain. Elle n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’église, avec une travée centrale couronnée de créneaux, un pignon à rampants allégé par des fenêtres de taille décroissante et de solides piliers latéraux qui font penser à des contreforts.

Quant à la nouvelle, la voilà déjà menacée de démolition en 1950 en faveur… d’un parking. En passe d’être désacralisée, elle se voit de devoir fermer ses portes fin 2011, un projet de transformation du bâtiment en marché couvert est même à l’étude. Le 20 septembre 2014, à la suite d’une décision de l’archevêque de Malines-Bruxelles, l’église Sainte Catherine à Bruxelles est rouverte au culte et mise sous la responsabilité de 4 jeunes prêtres de la Fraternité des Saints Apôtres. Ils sont depuis activement impliqués dans le dynamisme de notre quartier et le succès de la bière Ste Kat’ n’en est qu’une illustration.

Espérons que notre vaisseau de pierre, profondément ancré sur l’ancien bassin Sainte Catherine, continue encore longtemps sa veille silencieuse de notre cher quartier.

L

Dans notre dernier article, nous nous sommes intéressés à toutes les constructions qui avaient précédé le Parking 58, aujourd’hui balayé à son tour par le vent de l’histoire (surtout par les bulldozers). Face à la Bourse, je me suis posé la même question : qu’y avait-il auparavant, avant son édification, entre 1869 et 1874 ?

Quelques mots d’histoire :

François d’Assises meurt le 3 octobre 1226. Canonisé en 1228 par le pape Grégoire IX, il aura fondé l’Ordre des frères mineurs, ou Ordre des franciscains, lesquels ont fait vœu de vie pieuse et de pauvreté. Leur exemple d’entraide, de partage et de solidarité avec les plus déshérités va séduire les ducs de Brabant qui vont les soutenir et leur permettre d’implanter un monastère au cœur même de la ville. Le couvent, édifié en 1238 s’étendait de la rue de Tabora à l’ensemble de la place de la Bourse.  C’est d’ailleurs dans son église que le duc Jean 1er se fera inhumer en 1294.

Qu’en restait-il huit siècles plus tard ? Bien peu de choses. Toutes les archives en ont disparu et son souvenir lui-même s’était estompé dans les brumes de l’oubli. Jusqu’en 1988.

Rue de la Bourse, un petit musée à demi enterré nous permet de découvrir le résultat des fouilles entreprises en 1988 par la Société Royale d’Archéologiede Bruxelles, en collaboration avec le Service des Fouilles de l’Université libre de Bruxelles. Les travaux ont permis la mise à jour d’ossements humains, de grands murs et l’identification du chœur de l’église elle-même. À l’extérieur du chœur se trouvent des murs d’époques diverses et qui ont tous connu plusieurs états. La chronologie de ces murs forme une sorte de tranche archéologique et historique d’une durée de plus de 500 ans. L’église, rasée jusqu’au niveau du sol lors des guerres de religion en 1583, fut reconstruite en 1588 sous le règne des archiducs Albert et Isabelle.

Dans le chœur, on ne voit que caveaux funéraires pressés les uns contre les autres. Il ne s’agit  pas de sépultures de moines, mais de hauts personnages.
Au milieu du chœur, devant l’autel, se trouvait le tombeau de Jean Ier, duc de Brabant et de Basse-Lotharingie, mort accidentellement des suites d’une blessure reçue dans un tournoi en Bourgogne le 3 mai 1294.


Un autre personnage qui compte beaucoup dans notre histoire et notre coeur: le comte d’Egmont. Le 6 juin 1568, il fut décapité par ordre du duc d’Albe sur la Grand-Place de Bruxelles. Le soir même, le Grand Serment des Arbalétriers de Bruxelles dont il avait été le Roy, vint en cortège enlever sa dépouille mortelle pour la conduire dans l’église des frères mineurs, où elle fut veillée jusqu’aux funérailles.

Un siècle plus tard, en 1695, les armées de Louis XIV, sur ordre du maréchal de Villeroy, bombardent trois jours durant la ville de Bruxelles. Cet acte barbare, condamné par toutes les cours d’Europe, provoqua des dégâts considérables dont le plus célèbre est sans doute la destruction de la Grand Place. Le couvent est lui aussi gravement touché, ses archives parties en fumée. Le chœur, resté intact, permettra à l’église d’être rendue au culte jusqu’en 1699.

Devenu bien national de la République Française en 1796, le couvent des frères mineurs sera définitivement rasé en 1799 pour laisser la place au marché au beurre qui occupera l’espace jusqu’à l’édification de la Bourse de Bruxelles.

Le musée de site, Bruxella 1238

Le Conseil communal de la Ville de Bruxelles décida la sauvegarde et la mise en valeur des vestiges. Le projet fut conçu par le bureau d’ingénieurs B Group et l’architecte J.-P. Jourdain, en tenant compte de réalisations similaires effectuées dans des pays voisins. 
Le choix muséologique fut de rendre la rue en quelque sorte transparente et de montrer dans le sol le passé aux passants. D’où l’idée d’une verrière établie sur le chœur et selon l’axe ancien de l’édifice. D’où aussi le tracé des murs incrusté dans le pavement de surface.
L’équipement intérieur et l’aménagement muséographique ont été supervisés par la SRAB et exécutés par des spécialistes, avec l’aide du sponsor « Les AP-Assurances » qui est venu associer ses efforts à ceux que la Ville avait déjà consentis. C’est grâce à eux que Bruxella 1238, le premier musée de site de Bruxelles, a vu le jour.

Source : Société Royale d’Archéologie de Bruxelles : www. srab.be

« Capitaine » du Noordzee, le tout nouveau Président de quartier du Vismet. Dynamisme, énergie et sens des responsabilités au service de tous !

Monsieur WOUTER VERMEULEN

Vous succédez à Mr Withofs comme Président de quartier : comment voyez-vous votre nouvelle mission ?

J’ai déjà un peu réfléchi à ce que je veux faire. Une fois que le transfert des responsabilités sera terminé, j’expliquerai comment je vois ma nouvelle fonction !

Vous êtes vraiment un pionnier dans le quartier

Oui, c’est qu’on dit. Je ne sais pas si c’est vrai ! Ce n’est pas parce que je suis installé depuis longtemps que je suis un pionnier !

J’aimerais que vous nous rappeliez votre parcours ! Vous aviez été parmi les premiers à accepter d’être interviewé par le Carillon. Mais cela fait un moment déjà. Il y a des tas de nouveaux habitants dans le quartier. Ce serait bien qu’ils fassent un peu plus connaissance avec vous !

Je suis arrivé ici (au Noord Zee) fin 1989 ! 30 ans déjà ! Au départ, c’était une toute petite poissonnerie qui appartenait à un copain. J’y suis arrivé un peu par hasard. Nous avions convenu d’un accord pour que je l’aide tout en continuant à chercher un autre boulot car mon but n’était pas de rester travailler ici ! Mais quand j’ai commencé à travailler, j’ai tout de suite aimé le boulot. Et aussi à aimer le quartier qui, à l’époque, était plus « bruxellois » que maintenant ! Maintenant, il est devenu beaucoup plus international que bruxellois !

J’ai donc travaillé pendant 2 ans pour mon patron, et après ces 2 ans, j’ai repris le commerce. Petit à petit, on a changé la façon de travailler. On a évolué avec le temps, avec les exigences des clients.

Il y a eu aussi beaucoup de changements dans le quartier. Quand je suis arrivé, il y avait un parking sur la Place Sainte Catherine. Ensuite il y a eu des travaux, après quoi on a fermé la place pour les voitures. Puis, c’est le Vieux Marché aux Grains qui a changé. Et encore de nouveaux travaux pour dans la rue et la place Sainte Catherine. Tout cela pendant 10 à 15 ans. Pour vous dire que cela à fortement changé !

Ce que j’ai remarqué, c’est qu’au fil du temps, les « vrais » Bruxellois disparaissaient, qu’il y avait une grosse clientèle qui venait du haut de la ville en voiture. C’est ainsi que nous avons toujours essayé de nous adapter aux nouvelles situations. Cela n’a pas toujours été évident ! Mais nous avons réussi à le faire.

M WOUTER VERMEULEN devant le Noordzee

Les changements ne s’arrêtent pas pour autant, avec le piétonnier, le parking 58 qui est en démolition/transformation. Et tout cela pèse assez lourd sur le quartier, pour les commerces, mais aussi pour les résidents. Ce n’est pas toujours évident pour les gens qui habitent ici.

C’est là que je vois mon boulot comme Président du Comité de quartier : suivre de près tous les changements pour aider les commerçants et les habitants sur le plan pratique. J’habite aussi ici depuis 30 ans déjà. C’est vraiment là que je vois mon devoir comme président : guider un peu la Ville de Bruxelles dans les décisions pour que tous – habitants et commerçants – soient satisfaits.

Et dans un bel éclat de rire, il ajoute : « Ce qui est déjà pas mal comme boulot ! »

Ce que j’ai compris de tous les changements en ville, c’est qu’ils ne sont pas toujours très « structurés » ! Ce n’est pas toujours réfléchi. Et je pense que là, je peux faire quelque chose !

J’aimerais aussi travailler plus avec les autres quartiers. Il me semble que Dansaert et rue de Flandre forment un tout avec notre quartier. Nous avons 3 Comités pour une zone qui ne compte pas plus que 300 ou 400 m de l’un à l’autre ! Et là, si nous pouvions dialoguer entre nous, nous pourrions coordonner nos actions et avoir un peu plus de poids pour les futurs changements dans la zone !

Lors de la dernière AG du Vismet, celle de votre nomination (!), j’ai entendu qu’il était question d’agrandir le piétonnier !

C’est dans ce domaine que je trouve qu’il manque de structure. Il semble qu’une idée n’est pas liée à la suivante. J’ai le sentiment que la Ville elle-même ne sait pas très bien dans quelle direction elle veut aller. Je ne comprends pas toujours clairement le plan qui est derrière les décisions.

Peut-être n’y en a-t-il pas (avec une pointe de sarcasme de ma part !) ???

Réponse prudente de Mr Vermeulen : Cà je ne sais pas ! Et je ne vais jamais le dire !!! Mais il n’empêche que pour nous – résidents et commerçants – ce n’est pas toujours évident d’anticiper par rapport aux changements mis en place. Par exemple, d’un jour à l’autre, on ferme une rue pour des travaux mais nous ne sommes pas toujours mis au courant. Depuis les élections, avec le nouveau Collège, c’est une équipe très jeune qui est en place. Et j’ai l’impression qu’il y a une volonté de changer tout cela ! D’écouter et de communiquer plus !

J’ai aussi entendu que vous compter organiser quelque chose pour la passation des responsabilités entre Mr Withofs et vous ?

Nous souhaitons faire un drink pour les habitants et les commerçants car j’ai le sentiment que les uns et les autres ne se connaissent pas vraiment. Avec le fait aussi que beaucoup de commerçants n’habitent pas dans le quartier. Je trouve cela un peu dommage. C’est pour cela que je souhaite organiser un « Drink de l’amitié » pour faire connaissance. Il y a encore pas mal de démarches administratives pour finaliser la passation des responsabilités. Mais je compte voir cela avec Marc Withofs pour fin février, au plus tard début mars.

Vous restez un grand créateur dans le domaine de la restauration : manger debout dehors, c’est un concept « pionnier » que vous avez lancé. Je suis à BXL depuis 40 ans et avant vous, je n’avais jamais vu cela !

Il y a eu le Comptoir des Armes de BXL, qui était un peu similaire à ce que nous faisons, mais je n’ai jamais connu cela. C’était dans les années 80/90 !

Cela n’a jamais pris l’ampleur du Noordzee ! Et beaucoup vous ont imité !

Bien sûr !! Tout le monde a le droit de le faire !

Vous avez ajouté une aile supplémentaire à votre établissement : comment vous est venue l’idée des  smørrebrød, d’origine danoise ???

Cette partie de l’immeuble m’appartient. Avant, il y avait un bistrot ici. Il y avait pas mal de soucis avec les personnes qui exploitaient ce café. A un moment donné, je n’ai plus voulu de tous ces soucis. J’ai repris l’endroit pour faire quelque chose en plus de la poissonnerie. J’ai rencontré un Danois justement, qui est toujours là d’ailleurs ! Il était fort intéressé par les huitres, et nous avons combiné cela avec des spécialités danoises.

Avez-vous encore d’autres projets en tête ?

J’ai toujours des projets ! Mais pour le moment, je vais un peu freiner mon dynamisme. Nous avons beaucoup de boulot comme çà. J’ai de la chance d’avoir une équipe formidable qui travaille dans la poissonnerie et dans le bar à huitres. Trouver les bonnes personnes avec qui travailler, qui sont sur la même longueur d’onde que vous ce n’est pas toujours évident !

A découvrir : des vêtements proposés avec de belles valeurs dans le respect et la durabilité, par une équipe dynamique et créative !

La devanture de Wonderloop
devant Wonderloop

Quel a été votre parcours jusqu’à votre boutique ?

J’ai fait mes études en sciences politiques et relations internationales à Lille. Je suis venue à Bruxelles il y a 7 ans pour me spécialiser en migration et droits de l’homme. J’ai travaillé dans ce domaine pendant 3 ans dans des ONG. Ensuite, dans le développement durable : je rédigeais des articles sur la production et la consommation responsables dans le textile et l’électronique. Cela m’a sensibilisée à la Fastfashion et à la Slow fashion. Les vêtements que j’achetais alors n’étaient pas en accord avec mes valeurs. Il y a tout un monde secret dont on n’a pas conscience derrière les vêtements qu’on achète. J’ai cherché des marques qui correspondaient à mes valeurs. Mais elles n’étaient vendues qu’en ligne. En octobre 2016, j’ai découvert une boutique à Paris qui en vendait. Je me suis dit qu’il fallait une boutique comme çà à BXL. Et il y a un peu plus d’un an, je me suis lancée!

Etre entrepreneuse correspond plus à mon tempérament : j’aime prendre des décisions, j’ai un bon sens des responsabilités. La variété me plait ! J’aime le fait d’arriver le matin et de faire un peu de ménage, de me faire plaisir en mettant les vêtements en rayon, ensuite un peu de communication en ligne, un peu de stratégie en passant les commandes, un peu de compta… En gros 10 casquettes ! C’est à la fois exaltant car j’adore tout faire, et épuisant car on a besoin de 10 cerveaux !

Une fois l’idée « apparue », je me suis rendue compte que je n’avais pas les compétences pour ! J’ai donc fait des formations pendant le 1° semestre 2017 : accès à la gestion, bases de comptabilité, accompagnement avec CREDAL, une structure de micro crédit pour particuliers et jeunes entrepreneurs, avec 2 ans de suivi par un coach pour savoir ce qu’est un chef d’entreprise, comment développer un business plan et s’équiper dans ce domaine.

Ensuite j’ai suivi le programme du Greenlab – une agence bruxelloise pour le développement des structures durables. Ils m’ont donné un vrai coup de boost en disant : « On peut avoir la meilleure idée du monde mais à un moment donné il faut la tester ! ». Alors, nous – Selene et moi – avons fait un premier test en sept. 2017. Elle est Suisse avec une formation en design textile. Notre relation dépasse largement le cadre employée/gérant : elle est ma conseillère. Nous prenons beaucoup de décisions ensemble !

En un an, les choses se sont accélérées. D’abord, les pop up, pour tester le concept et les quartiers où on voulait s’implanter : Marolles, Dansaert ou Bailly. Les Marolles en septembre, la rue de Flandre en octobre et en fait … on ne l’a jamais quittée ! Premier test : dans un café pendant 2 jours, avec 5 marques et créateurs. Ensuite, 4 jours chez Alice Gallery en octobre. Les gens étaient enthousiastes, le concept marchait bien. On est y restées jusqu’en janvier.

Nous n’avons pas choisi la rue de Flandre par facilité – j’habite Boitsfort et Selene, Gare du Midi – mais parce qu’on s’y sent bien, avec ses petites boutiques indépendantes qui correspondent bien à nos valeurs. En plus, nous sommes toutes les deux très gourmandes ! Et on est bien entourées par des restaurants de qualité même si nous n’avons pas beaucoup le temps d’en profiter ! Mais c’est très agréable de pouvoir prendre une pause autour des bassins ou Place Sainte Catherine !

En mars, nous avons trouvé ce local, avec un très bon contact avec la propriétaire. On a ouvert rapidement en avril. On a préparé les travaux à faire avec un cabinet d’architecte bruxellois en juin, juillet, août pour les réaliser en septembre. La « vraie » ouverture a donc eu lieu le 9 octobre 2018 Ici, tout est « durable ». Les architectes ne travaillent qu’en économie circulaire : 95% des matériaux sont de réemploi. Maintenant, nous avons un cadre et un aménagement intérieur, tel un écrin à la hauteur de la beauté des pièces proposées, dans le même esprit et avec les mêmes valeurs.

En quoi consiste le concept « Wonderloop » ?

C’est une boutique « slow fashion » qui privilégie la qualité sur la quantité. La « slow » food, c’est le bio, le local, le circuit court. Je pose d’abord la question : comment on utilise nos vêtements, comment les choisir, les porter en respectant au mieux l’environnement et les personnes qui les ont fabriqués. C’est très en rapport avec l’idée de la Pyramide de Maslow. Mon premier conseil : portez tout ce que vous avez, peu importe d’où cela vient ! Ensuite, pour de nouvelles choses, ce n’est pas nécessaire de passer par l’achat en premier : on peut emprunter, échanger, louer, transformer, réparer. Si on doit acheter, on peut le faire en seconde main. Une fois ces étapes épuisées, se pose la question de l’achat du neuf et c’est là que Wonderloop arrive ! Une boutique slow fashion qui propose des vêtements neufs à la vente pour homme et femmes, une gamme d’articles et d’accessoires assez complète, qui va de la tête au pied : bonnets, chaussures, gants, sous-vêtements. Et même des sacs à dos. Et plus d’articles encore pour la période de Noël. Sans oublier que nous prévoyons des soldes éthiques pour janvier !

Nous avons une combinaison de marques et de petits créateurs : Wear a story, Alice et Coulemelle, 3 créatrices bruxelloises, tous choisis en fonction de critères de durabilité sociale et environnementale. On fait attention aux matières utilisées et aux conditions de production (label Fair Trade ou Gots). Nous voulons que ce que les gens achètent corresponde à leurs valeurs. Pour le style, nous voulons rester dans le « Casual chic », des basiques simples et élégants pour tous les jours, mais aussi des pièces plus habillées et festives. On veut s’éloigner des 2 clichés extrêmes dans la mode éthique : des choses ternes et hors de prix ou des vêtements excentriques, hippies (sans connotations négatives de ma part !).3ème critère : le prix. Des articles abordables, avec des gens bien rémunérés du début à la fin de la chaîne de production et parfois même faits à Bruxelles. Expliquer le prix des vêtements est une démarche « d’éducation » : payer 25€ pour un T-shirt c’est normal, surtout pour un article qui va durer 5 ans.

Qu’apporteriez-vous de plus à ce quartier ?

Plus de verdure !!!!! J’adore ce qui a été fait rue des Eperonniers : des suspensions végétales ! Je trouve cela trop bien ! J’ai hâte de participer à la prochaine réunion des commerçants pour savoir un peu plus ce qui est déjà en place. Ce que j’aime ici, c’est l’ambiance d’entraide et de solidarité. Nous avons choisi nos heures d’ouverture en fonction de nos voisins. Une nocturne est prévue le 13 décembre. Pourquoi pas ouvrir ensemble un jeudi soir ou un dimanche de temps en temps ou le 15 août ? Et la Brocante, c’est super chouette. Et à tous les touristes, je dis : allez-voir la Bellone !!! Je ne dis pas qu’il faut la mettre plus en valeur. C’est bien aussi que ce soit un peu un « secret » mais c’est un beau secret que j’adore partager !!!