Rencontre avec Walter B

Un jour, en discutant avec Mr Withofs, il m’a chaleureusement conseillé de venir vous rencontrer !

Marc est un grand ami.  Nous nous sommes connus il y a 35 ou 40 ans ! Nous avons évolué avec le quartier !  A l’époque, j’avais une petite librairie Quai au Foin.  J’avais 20 ans quand j’ai commencé !  Mon épouse et moi avons travaillé là pendant 10 ans.  Puis, j’ai eu envie de reprendre autre chose : le Quai au Foin commençait à s’éteindre avec le départ du marché aux fruits alors que le Vismet était en évolution !

On s’est installé ici petit à petit.  C’était une très vieille maison mais le commerce était excellent.

Vous avez commencé avec tous les articles que je vois ici ?

En fait, on a commencé avec la librairie « pure ».  Mais j’étais aussi un passionné de cigares !  A l’époque, je voyais un de mes fournisseurs qui fumait toujours le cigare.  Cela m’a interpellé, bien que je n’étais pas fumeur à la base !!  Mais il m’en a donné envie !  De fil en aiguille, j’ai commencé à y goûter, à m’orienter vers ce secteur.  A l’époque, c’était un produit de luxe, et ça l’est toujours au niveau de la qualité!  L’endroit s’y prêtait bien.  On a commencé avec une toute petite armoire, avec quelques marques connues : Montecristo, Roméo et Juliette, Partagas, etc.  De fil en aiguille, il y en a eu deux, puis trois !Puis, nous avons changé la disposition du magasin : le comptoir est passé au fond avec une plus grande vitrine pour les cigares à l’arrière.

On a fait également des transformations dans la maison puisqu’on y habite.  Nous avons fait beaucoup de travaux à commencer par le toit.  La maison date de 1747 !  Nous avons tout refait de A à Z !  Et enfin, en 2006, nous avons fait de grandes modifications dans le magasin.  On a tout enlevé : des sols au mobilier, aménagé une cave à cigares, pour les amateurs.  Elle est climatisée avec température constante, la juste hygrométrie (70/80%)pour l’entretien des cigares afin que les clients soient satisfaits !

Vendre des cigarettes et offrir des cigares, ce n’est pas le même métier ?

Le but principal est de conseiller les clients.  Le cigare est une passion que j’essaie de transmettre. Le cigare est quelque chose de convivial, un point de communication avec les gens, un moment de plaisir aussi.  On ne fume pas un cigare comme on fume une cigarette.  L’endroit est cosy.  Ce qui permet de réunir une certaine clientèle, et offre l’occasion de tisser des amitiés.  Cela rassemble vraiment un bon flux de gens !

Il y a peu, nous avons également aménagé un fumoir dans ce qui était notre bureau.  Là, les gens peuvent s’installer et fumer leur cigare à l’aise, ce qui permet encore plus de proximité.

Et il y a 4 ou 5 ans, on a introduit également l’alcool.  Au niveau de la librairie, le marché s’est tari : le Net, les abonnements, les jeunes qui sont moins adeptes de la lecture, plus branchés Facebook, infos en ligne… Tout cela a fait qu’il fallait se rediriger et trouver d’autres choses.  Goûter des produits avec un cigare rend la chose plus intéressante.

Les alcools proposés sont également des produits de luxe.  Nous sommes surtout orientés vers les spécialités qu’on ne trouve pas en grandes surfaces.Nous nous sommes beaucoup documentés, et avons étudié le marché. 

Maggy, l’épouse de Walter éclaire le sujet pour nous :

Autant les cigares que les alcools sont des produits nobles car ils demandent du travail humain.  Il s’agit de produits qui ont 10, 20 voire 40 ans d’âge.  Des produits très travaillés.  Les cigares aussi : ils sont roulés à la main.  C’est ce que nous aimons : des produits d’artisans. Pour les gins, ou certains whiskies, nous recevons les artisans qui nous expliquent leurs produits.  C’est vraiment très très chouette.  Cela me permet de faire connaître le produit et pouvoir en discuter.  Et finalement, tout le monde se connaît.

W : à cela, il faut ajouter le bouche à oreille, qui est la meilleure publicité.  C’est un beau contact  humain.

C‘est un endroit qui compte dans le quartier, qui permet aux gens de se rencontrer, et souvent de traiter des petits soucis de manière très conviviale (paroles de Marc Withofs)

Quand on rencontre quelqu’un en librairie, ça dure 1 minute, 2 maximum.  Ici, on peut dire que nous avons une mission « sociale » : on parle avec les gens, on les écoute, on les conseille aussi parfois, pour les aider.  C’est notre approche : un travail humain avant tout.  Il y a également le côté commercial car nous devons gagner notre vie aussi, mais ce qui est bien, c’est que nous faisons ce que nous aimons faire !  C’est notre passion !  Offrir aux gens un moment où ils se relaxent.  C’est notre but final.  Nous avons 60 ans.  Mon épouse et moi  avons créé tout cela ensemble, et au début nous avons pas mal galéré, en partant de moins que zéro, avec des taux de 17% pour les emprunts !

De plus, il fallait vraiment « voir » le futur, car à nos débuts le quartier n’était pas comme aujourd’hui ! La voirie n’était pas refaite, beaucoup de maisons étaient vides, à l’abandon.  Mais on y a cru, avec une bonne petite étoile au-dessus de nous.

Mais surtout beaucoup de courage !

Ca c’est sûr !!!  Quand on est indépendant, on ne regarde pas les heures prestées !  Il faut y croire et aller jusqu’au bout des choses.

Comment voyez-vous l’avenir du quartier, vous qui aviez pressenti son futur ?

Le quartier a bien évolué, c’est clair.  Il y a encore beaucoup de choses que l’on pourrait faire, mais je trouve que tout est vraiment positif !  On est vraiment dans un village, les gens se connaissent.  Nous connaissons tous les commerçants, mais aussi les riverains puisque nous habitons aussi ici.  Et ce qui est bien, c’est nous pouvons aller faire nos courses à pied.  Nous sommes des petits indépendants et il faut sauvegarder ce type de commerce parce que cela fait vivre la ville, ce qui n’est pas toujours le cas des politiques …  Il est vrai qu’on ne se révolte pas beaucoup en Belgique.  On devrait le faire plus, mais bon … Mais avec tout ce que nous avons vécu, il faut dire qu’il y a beaucoup de points positifs.

M : je trouve qu’il devrait y avoir beaucoup plus d’activités sur la place, un marché d’artisans par exemple une fois par semaine, cela ferait non seulement vivre tous les commerçants mais cela animerait également la place.D’autre part, la place rassemble maintenant énormément de monde et une surveillance policière serait nécessaire.  Les gens ne sont pas disciplinés.  Ils manquent d’éducation et font absolument ce qu’ils veulent.  Et quand il se passe quelque chose, ce sont les commerçants qui en payent le prix.

W : une surveillance accrue, et un effort au niveau des nuisances.  C’est un quartier avec beaucoup d’Horeca, des cafés, chacun doit travailler mais il manque de la discipline et du respect pour les riverains, et… réprimander les gens qui se croient tout permis.  Il y a un minimum de respect à garder les uns vis-à-vis des autres.  On peut parler aussi un peu de la propreté.  Il faut travailler ensemble à cela.

M : c’est un endroit qui le permet !  Il faut cesser d’être égoïstes !

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