Rencontre avec le Settebello

Quel est votre itinéraire ? Qu’est-ce qui vous a amené ici, rue de Flandre ?

Un peu par hasard. J’ai toujours été dans la distribution professionnelle et je cherchais un endroit pour effectuer des dégustations avec mes clients. J’ai cherché dans plusieurs quartiers et l’endroit idéal était difficile à trouver : parfois trop grand, parfois trop petit,… Nous sommes arrivés ici par hasard, pour voir un local qui s’était libéré vers la place Ste Catherine. Il ne nous plaisait pas mais en reprenant notre voiture qui était garée juste ici, nous avons vu que ce local était à louer et, là, les volumes nous convenaient parfaitement. C’était en 2014 et nous croyions dans le potentiel du quartier. Nous nous sommes fait aider par un bureau de graphisme bruxellois, le Stoëmp Studio, et par de jeunes architectes, de l’Atelier Dynamo. Tous les meubles que vous voyez ici ont été réalisés par des artisans belges. Le Stoëmp Studio a géré tout ce qui est gr

 Vous vendez aux particuliers et aux professionnels ?

Ici au magasin, surtout aux particuliers. Les professionnels viennent parfois ici pour des dégustations de nouveaux produits. Nous sommes spécialisés en vin et en café.

Auparavant, nous louions des endroits pour cela mais à présent, nous les organisons au magasin.

Pourquoi le Settebello ?

C’est une trouvaille de notre graphiste, la personne qui a géré la communication. Nous cherchions un nom original et qui évoque l’Italie. Settebello est un jeu de carte qui se joue dans toute l’Italie, des Alpes à la Sicile sans oublier la Sardaigne et « settebello » est l’atout, la carte la plus importante du jeu. Il fallait que cela sonne italien sans aucune confusion possible. Le nom est sorti du chapeau comme cela, nous avons fait confiance aux jeunes créateurs, on leur a laissé carte blanche et nous sommes ravis du résultat.

 Et quel est votre regard sur la vie du quartier ?

Beaucoup de choses se sont passées depuis notre installation. La reprise de l’Association des Commerçant par Fouad du Chicago Café donne une belle impulsion positive à la vie commerciale du quartier. C’est comme un petit village, ici, c’est très particulier. J’ai travaillé dans d’autres communes mais j’ai retrouvé ici cette mentalité de village, de bonne entente, de solidarité et de complémentarité. On vient travailler avec le sourire.

 Que pensez-vous de l’impact du piétonnier sur le quartier ?

Son effet a été plutôt négatif. Auparavant, nous avions beaucoup de clients du haut de la ville. Mais depuis le piétonnier, ils ne viennent plus, ou beaucoup moins et du coup notre chiffre d’affaire s’en ressent.  Ensuite, avec les attentats, nous avons passé une période critique, mais le quartier reprend. Le piétonnier nous a aussi ramené beaucoup de SDF. Le trajet en voiture par le Palais de Justice et le Sablon est devenu impossible. Pourtant, en prenant les tunnels et en sortant à Yser, la quartier est facile à atteindre. Les services publics n’ont pas fait un bon travail d’information. Ils ont mis un an à rendre un accès au parking 58 par la rue de Laeken et à nous fournir les folders avec les parkings. Personne n’est opposé à un piétonnier mais il faut qu’il soit bien pensé. Depuis les deux ans qu’il existe, il n’y a pas encore eu d’aménagement. Y a-t-il un projet précis pour le futur de ce piétonnier ? Il est dommage d’avoir bloqué ce grand boulevard orienté Nord-Sud qui désengorge tout le centre alors que d’autres piétonniers auraient pu être aménagés dans les quartiers Sainte Catherine, Saint Géry et celui du Béguinage, par exemple. Le tracé des rues s’y prête bien.

Le piétonnier a divisé la population et créé des blocs, des clans qui s’opposent. Notre association a, au contraire, pour but de réunir et d’unifier, de faire fonctionner la logique du « et » plutôt que celle du « ou ».

Oui, nous devrions être tous pour le piétonnier, à condition qu’il soit bien pensé. Londres a résolu le problème, Rome aussi, Milan, Stockholm, Copenhague, … Ici à Bruxelles, on a l’impression de régresser alors que nous avons un savoir-faire exceptionnel.

Tout cela provoque aussi beaucoup de retard dans nos livraisons. Le centre est bloqué. Combien de fois ne voit-on pas de gros camions coincés dans le quartier ? Il n’y a aucune interdiction qui les empêche d’y pénétrer. Les automobilistes sont sous pression dans ces encombrements et lorsqu’ils voient une rue moins encombrée, ils se défoulent et accélèrent. C’est très dangereux. Il y a beaucoup d’enfants sur nos trottoirs.

 Quelle est l’origine de vos produits ? Comment les choisissez-vous ?

Tout ce qu’il y a dans le magasin provient d’Italie. Au niveau des vins, je travaille depuis quelques années avec des vignerons italiens. Je choisis certains vins d’importateurs, dans les foires, Vinitaly, ProWein Düsseldorf.   Si le vin me plaît et convient à notre clientèle et qu’il n’est pas importé en Belgique, je traite directement avec le producteur. Sinon, je traite avec le distributeur.

Et pour le café ?

Je suis le distributeur en Belgique d’un café qui est torréfié à Padoue, DiemmeCaffè.  C’est un torréfacteur familial, qui ne torréfie que pour la haute gastronomie. Ce ne sont donc pas des cafés qu’on peut trouver dans la grande distribution. Ils sont très attentifs à la qualité du grain. Ils travaillent avec des cafés de toutes origines : Ethiopie, Tanzanie, …

 Et vous ? Comment avez-vous choisi ce métier ?

La passion. J’ai commencé très jeune dans le métier de l’hôtellerie, à l’Hilton, dans des restaurants, dans la distribution agro-alimentaire. J’ai fait de belles rencontres avec des vignerons, j’ai travaillé avec eux. C’est une question de rencontres et d’expérience. Beaucoup de belges se rendent en Italie et prennent le goût de nos produits. Et ce qui est très intéressant, c’est qu’on ne peut plus leur vendre n’importe quoi. Ils savent faire la différence entre les bons et les mauvais produits. Ils ont goûté les bons produits sur place ! Ce sont ceux que nous proposons à notre clientèle !

 Merci Francesco et Antonella, de votre accueil chaleureux !

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