Rencontre avec Fernand Figares, directeur de Nouvelle Acropole Belgique

Mr Figares, pendant 7 ans le Centre Aurélia a ouvert ses portes au 15 rue Melsens.  Parlez-nous des nombreuses activités offertes : culture, philosophie, citoyenneté, … ?

Le Centre Aurélia était un espace qui hébergeait les différents cadres d’action que propose Nouvelle Acropole Belgique, la branche nationale de l’Organisation Internationale Nouvelle Acropole (OINA). Nousavons été présents dans le quartier depuis 7 ans mais nous sommes actifs en Belgique depuis 1978.

Les principes de l’OINA sont inspirés de la charte de droits fondamentaux de l’homme qui peuvent se résumer ainsi :

Promouvoir un idéal de fraternité, basé sur le respect de la dignité humaine au-delà des différences ethniques, culturelles, religieuses, sociales, …

Éveiller l’amour de la sagesse par l’étude comparée des philosophies, des religions, des sciences et des arts, pour « se connaître soi-même, la nature et les dieux »…

Promouvoir une éducation de  l’homme pour extraire le meilleur de son potentiel et permettre la relation avec autrui fondée sur les valeurs humaines propres à toute l’humanité.

Dans tous les centres de l’OINA (plus de 400 dans le monde), nous proposons trois lignes  d’actions communes : philosophiques, culturelles et de volontariat.

Notre ligne philosophique est fondamentalement à « la manière socratique», c’est-à-dire que le discours et les enseignements sont fortement orientés vers un « vivre ensemble » philosophique.

Pour nous, la pratique de la philosophie consiste à renforcer les valeurs intérieures que nous possédons tous, ce qui génère chez nous une inépuisable capacité à résoudre les difficultés de la vie avec un esprit positif et une intelligence ouverte.  Nous n’inventons rien : notre enseignement se base sur le patrimoine de l’humanité toute entière. Il s’ouvre sur tous les aspects : religions, cultures, sciences, arts, sans aucuns préjugés.

Quant à la  culture, elle est également pratique, et enracinée dans le patrimoine de l’humanité. Nous entendons par « culture » l’ensemble de domaines artistiques, scientifiques, religieux ou politique,  des  approches différentes qui mènent au développement et à la pratique  de valeurs humaines fondamentales.

Et, enfin,  le volontariat qui est le prolongement naturel de la proposition philosophique, le résultat de la solidarité et l’engagement que nous ressentons en tant que idéalistes pour faire face aux problèmes et aux besoins de notre temps. N. A. favorise la création de projets et de groupes de volontaires dans le monde entier, au niveau local et international, en promouvant également la collaboration avec les organisations bénévoles à caractère public ou privé comme l’UNICEF, la Croix-Rouge, etc.

Diriger un projet de ce type demande une préparation particulière.  Quel a été votre parcours ?

A  64 ans, je risque de vous ennuyer avec un parcours si long mais soit… Je pense, tout d’abord que je suis un idéaliste engagé depuis mes premières années à la fac et que je le suis toujours  malgré quelques os qui craquent après tant d’années… Cela me rappelle une très belle phrase de  Jorge Angel Livraga – fondateur de l’OINA – lui aussi un idéaliste engagé au long parcours.  Il a dit un jour que sa  plus grande joie était semblable à celle que pouvaient ressentir les randonneurs ou les alpinistes après la conquête d’un sommet : « Les efforts font craquer les os mais ils illuminent le visage ! ».

Les outils de ma préparation ont été ceux que N.A. propose, tout simplement. Je les ai utilisés avec ténacité et persévérance sans épargner les efforts. Et je suis tombé comme tout le monde, maintes fois,… mais je me suis relevé et je reste debout pour le moment, malgré quelques « bricolages » au niveau du cœur et ailleurs. Avec ma « boîte à outils » philosophiques,  culturels, …, quelques pays du monde où j’ai mis en marche de projets proposés par l’OINA, en Europe surtout, mais aussi en Amérique du Sud.

Dans ce que vous exprimez, j’ai le sentiment que l’éducation tient une place fondamentale.  Que proposez-vous dans ce domaine ?

La question fondamentale de l’éducation « à la manière socratique » ne peut pas se comprendre sans la définition d’un cadre plus large défini par la production de « biens métaphysiques ». Nos sociétés ont oublié que l’essentiel ne consiste pas à de produire des biens « à consommer », mais d’engendrer d’abord des biens métaphysiques pour produire ensuite des biens physiques, condition indispensable pour que ceux-ci ne corrompent pas l’individu et la société. Je m’explique : un bien métaphysique n’est pas du pain, du vin, une voiture… Mais plutôt la bonté, la sérénité, la solidarité, la dignité, l’engagement….Ces biens permettent de dépasser le rapport de force, de transcender une société basée sur le pouvoir, presque l’instinct animal !

L’éducation que propose N.A. a pour but de faire en sorte que les gens parviennent à aimer « faire le bien », ou si vous préférez, aimer la production et la consommation  de biens métaphysiques comme la vertu  le comportement éthique, la justice, l’éducation, la sagesse …

La Belgique, l’Europe, ont vécu des heures sombres.  Qu’aimeriez-vous exprimer aux citoyens que nous sommes pour mieux faire face à ce monde en mutation ?

Je pense sincèrement que mes propos peuvent offrir quelques éléments de réponses à cette question.

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