Rencontre avec « Chez Jacques »

Adrien : Adrien et Jean-Philippe: nous sommes dans le quartier car notre père, Jean-Michel, y a tenu un restaurant, l’Huîtrière, pendant plus de 25 ans. Après l’avoir vendu, il a racheté ici et malgré un projet que nous avions ailleurs, nous avons repris ce local-ci.  Je suis en cuisine et Jean-Philippe est en salle.

Et l’établissement en lui-même, de quand date-t-il ?

Adrien : c’est ancien. Auparavant, il y avait un restaurant et avant lui, une sorte de guinguette qui permettait de prendre un café avant le marché matinal.

 Jean-Philippe : oui, il date de plus de 50 ans. A l’époque, il y avait les halles et le café servait le petit déjeuner, ou la bière, très tôt le matin aux marchands de poisson. Ensuite, ils ont servi des plats du jour de poisson et, avec l’évolution, c’est devenu un restaurant puis un bistro. C’est pour cela qu’il y a toutes les boiseries d’un bistro typique de l’époque.

 C’est magnifique, la déco est vraiment superbe ! Vous n’avez rien changé ?

 A : nous avons gardé l’âme de l’établissement : les boiseries, le bar, la vieille machine à café, mais nous y avons apporté de nombreux aménagements : les luminaires, les miroirs, le sol, les nappes. Nous avons choisi un vichy rouge et blanc.

Et les tableaux que vous avez dans le hall ? Quelle est leur histoire ?

J-P : un ancien propriétaire était ami avec un monsieur Van Kuecken  un horloger passionné de peinture, qui a vendu ou cédé de nombreuses toiles à ce propriétaire. Elles étaient disposées le long des boiseries. Nous les avons disposées dans le  

long couloir, lui donnant ainsi un aspect de galerie.

Elles sont d’un humour extraordinaire !

 A : c’est très belge ! On y trouve des tas de symboles par rapport au quartier et aux établissements du quartier. Il a mélangé des personnages connus à des personnages de BD

 J-P : mon frère a fait l’école hôtelière à Namur. Personnellement, je ne viens pas du milieu horeca. Je suis kiné, puis j’ai fait de l’immobilier pendant des années. Il y a quatre ou cinq ans, j’ai un peu travaillé avec mon père et le virus m’a touché… Quand mon frère a ouvert son resto, il avait besoin d’un partenaire, et voilà ! L’ambiance du quartier rappelle un village. Nous avons une clientèle d’habitués qui deviennent un peu des copains. Je ne m’attendais pas à cela, c’est vraiment génial, ce n’est pas du tout un quartier à touristes.

C’est une chose qui nous a souvent été dite au cours des interviews du Carillon. Nous nous intéressons aussi à l’histoire du quartier et les anecdotes que vous nous racontez sur ces petits déjeuners à trois heures du matin font vivre cette âme du quartier. J’ai entendu dire que de nombreux artistes venaient chez vous ?

J-P : Surtout des artistes du folklore bruxellois, comme l’équipe de Toot Stielemans. Le 4 juillet, nous avons organisé une soirée Jazz sur la terrasse et dans la salle et ils sont venus tous les quatre. Arno vient aussi, Fred Janin qui habite en face.

J’ai été touché par la photo d’Angelo (créateur du Medusa” Carillon 19)lorsque je suis venue pour un premier contact.

 J-P : oui, c’est un personnage. Il est venu un jour avec sa femme Rosalie, sans se présenter. A la fin du repas, on a discuté et depuis, avec mon frère, nous n’arrêtons pas de fréquenter son bar. C’est devenu un ami. Cet été, avec ma femme, nous sommes allés le voir dans son village natal, en Sicile. C’est une super personne ! Nous sommes ravis que sa femme et sa fille poursuivent son aventure.

Je vois que vous faites la promotion de la « Sainte Cat ». C’est une création du quartier !

J-P : Oui, j’ai rencontré le père Carmelo justement par l’entremise d’Angelo. Puis nous avons rencontré le père Jérémie qui nous a parlé de la Sainte Cat. On n’a pas hésité une seconde, puisqu’on travaille avec des produits locaux.

A : En plus d’être un produit de quartier, c’est un beau produit, qui correspond l’esprit de notre établissement. C’est une bière locale, mais qui a une histoire à raconter et ça, c’est formidable. C’est une bière propre au quartier : pour boire une Sainte Cat, il faut venir ici. C’est le genre d’initiative propre à ramener du monde vers le centre ville qui a tant été malmené ces derniers temps.

Justement, comment voyez-vous l’avenir du quartier ?

 J-P : je pense que le piétonnier va trouver sa place. Puisqu’on doit l’accepter, autant en tirer le positif. Il a été mal pensé mais on peut l’aménager. Actuellement, tout le monde y travaille, c’en est fini des recours. Dans les guides touristiques sur Bruxelles, notre quartier a une bonne presse à l’étranger. Il y a une belle dynamique dans la rue de Flandre. Dommage que la Marie Joseph soit fermée, c’était une institution. Il y a de beaux projets le long du canal.

0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *