Rencontre avec Alexis du Dishes Factory

Amoureux de son quartier

Un dynamisme fou,

Un grand savoir-faire au service de tous

Depuis combien de temps es-tu dans le quartier ?

De mémoire, je dirais 1992/1993

Pourquoi as-tu choisi ce quartier ?  Comment y es-tu arrivé?

Mon père avait repris un restaurant en 92/93 qui s’appelait« le Jardin de Catherine » à l’époque, qui est ensuite devenu « le Jaloa », et puis« La Brasserie Van Gogh ».  Cela fait un moment déjà : je dirais 2007 !  Après, il a eu « le Fourneau Ibérique » pendant 2 ans.  Ce restaurant a été ensuite repris par 2 autres personnes encore avant que cela devienne « le Kip Kot ».  Moi-même, je suis ici depuis 2006 avec le magasin.

Un magasin comme le tien avec une si belle vaisselle n’est pas si courant !  Comment t’es venue l’idée d’offrir cela au quartier ?

Je suis né dans un milieu de restaurateurs et j’ai fait des études de commerce.  J’ai travaillé dans l’import-export.  Avant le magasin, j’ai travaillé à l’étranger avant de revenir en Belgique avec 2 ou 3 idées.  Et j’ai donc lié ce que je connaissais de la restauration et l’import-export. Et le magasin est né !

D’autre part, tu es également fort investi dans le Comité de Quartier.  Comment es-tu arrivé à cette fonction ?

Je ne me considère pas « fort » investi.  Cela fait un an que j’ai avancé dans ce domaine parce que je trouvais qu’il y avait des choses à faire bouger, moderniser certaines choses dans le quartier, notamment par la création d’un site, afin d’avoir une meilleure visibilité.  J’étais venu avec quelques idées.  Marc Withofs, qui en était le président à ce moment-là, m’a accueilli les bras grands ouverts !!  On a lancé le projet et on continue à être assez actifs.

 Ici, c’est un quartier, c’est un village même, qui est riche d’histoire et qui, à mes yeux est « inexploité » !  Il y a énormément de touristes.  J’ai encore eu 2 touristes ce matin avant ton arrivée  qui me demandaient des infos parce qu’il n’y a rien pour les guider.  Il faut savoir que la Ville a toujours utilisé cette place comme lieu d’événements car c’est l’une des plus grandes de Bruxelles.  Je pense que la Ville n’a pas envie de s’encombrer avec des panneaux et préfère garder la zone dégagée!

Mais on va y arriver petit à petit car il y a de plus en plus de touristes !  Et l’une des raisons pour lesquelles je voulais aller dans le Comité, c’est pour faire découvrir ce quartier aux Bruxellois surtout !!  Je suis Bruxellois dans l’âme.  Je ne suis pas né ici-même.  Mais je suis né à seulement 500m à vol d’oiseau.  Je connais bien ce quartier que j’affectionne particulièrement et qui évolue bien !

Au niveau familial, vous êtes très intégré dans le lieu !

Oui !  On peut dire que c’est un petit peu mon territoire, même si j’ai grandi en dehors par après.  Mais je revenais toujours ici !  Je suis un Ket de Bruxelles ! (dans un grand éclat de rire !)

Tu es donc le Maître d’œuvre du site Stcath.be !

 (Ndlr – Site à consulter sans modération ! )

J’ai surtout donné la marche à suivre à une société qui a fait cela pour nous.  La Ville nous a aidé pour ce site parce que financièrement, c’est un gros budget.

Bien sûr il y a de petites erreurs.  Ce n’est jamais au top comme on le voudrait.  Ce n’est pas mon métier non plus.  On a fait ça du mieux qu’on pouvait.  On a voulu quelque chose qui soit intemporel parce qu’on ne voudrait pas devoir tout changer dans 5 ans.  Il y a des gens qui peuvent critiquer cela parce que ce n’est pas assez moderne à leurs yeux.  Nous, ce que nous voulons, c’est que ce soit un site qui reste et qui vive !

Nous avons expliqué le projet lors de la dernière réunion de quartier (1).  Maintenant, c’est principalement aux commerçants de le dynamiser. On a mis une voiture à disposition.  L’essence, c’est eux : maintenant, il faut maintenant que tout le monde se bouge un peu !!

Pourrais-tu évaluer le nombre d’heures que tu as investies dans ce projet ?

Infaisable !!!  Je sais que tout l’été dernier, je rentrais à la maison vers 19/20h.  Et je bossais jusqu’à 23h00 à collecter les données, etc, … Car – bien entendu – je ne les ai pas reçues de la part de 99, 99% des commerçants (dit-il avec un large sourire !).  Et donc, j’ai dû beaucoup bosser bénévolement.  C’est pour cela que maintenant, j’ai demandé que quelqu’un s’occupe de la Com. Parce que je n’ai plus le temps de faire ça !(2)

Tu as largement prouvé être impliqué dans la vie du quartier.  As-tu des souhaits particuliers pour son avenir ?  Quels sont tes rêves pour le quartier ?

Je suis un peu un utopiste dans l’âme !!! Je pense que le quartier pourrait se développer d’une très belle manière, que ce soit sur le plan écologique, ou encore dans l’interrelation entre habitants et commerçants.  A mes yeux, là où le bât blesse actuellement, c’est au niveau de la communication avec la Ville.  Il y en a une, bien sûr, mais elle n’est pas toujours évidente.  Les responsables de la Ville sont là pour une certaine durée alors que nous, nous sommes là pour très longtemps.  C’est le milieu politique qui veut cela : chacun souhaite marquer de son empreinte le peu de temps où il est présent.  Ils viennent chacun avec des idées qui – pour moi – ne sont pas toujours adaptées et qui sont souvent en retard avec la réalité du terrain.

On nous demande, à nous, de nous gérer en « bon père de famille », sous menace de faillite.  Et personnellement, je trouve que la Ville et les décisions qui sont prises ne le sont pas « en bon père de famille » !  Pour rester politiquement  correct, je vais dire çà comme ça (autre large sourire !).

Maintenant, voilà : je suis indépendant et le Bourgmestre est du PS.  Ce n’est pas pour autant qu’on ne s’entende pas ou que l’on ne se comprend pas.  C’est quelqu’un qui a des idées. 

 Mais tous restent des politiciens. Il faut voir dans tout cela ce que l’on peut « obtenir » !  C’est vraiment le mot clé !

Mon souhait est que les gens se sentent bien dans le quartier, que les Bruxellois se le réapproprient.  Il y a de plus en plus de touristes mais je trouve ça bien quand je vois des familles bruxelloises, avec des langues « mélangées », français, néerlandais, anglais, de voir des « nouveaux Bruxellois » qui se sont installés.  Cela amène une dimension « multiculturelle ».  Je trouve que le métissage culturel fait la richesse d’un peuple.  C’est important.

J’adore ton « image de marque » : une Fiat 500 jaune absolument craquante !!! D’où t’es venue l’idée ?

En fait, l’idée n’est pas de moi !  Elle est de mon père : via un des patrons du Latinide l’époque, un de ses amis italiens, il l’a faite venir de Naples.  Cela fait plus de 13 ans qu’elle est là.  On l’a faite restaurer et elle est devenue l’emblème du magasin.  Et les gens sont un peu inquiets quand elle n’est pas là !  Il y a peu, j’ai dû lui faire refaire tout le bas de caisse qui était complètement rouillé, et les gens venaient me voir en me disant : « Il paraît que vous fermez ??? », « Vous faites faillite ???? », « Vous l’avez vendue ??? » !  J’ai donc mis une  banderole avec sa photo pour rassurer le public.  Et j’étais content quand elle est revenue parce qu’une vieille dame, qui devait avoir dans les 80 ans, est venue dans le magasin et elle m’a dit : «  Monsieur, cela fait 45 ans que je suis ici.  Je fais partie des meubles et votre voiture aussi maintenant !   Elle est de nouveau là et tout va bien !».

Elle fait partie du décor et c’est chouette !

(1)   Voir rubrique page 2 : Cela s’est passé près de chez vous 

(2)   Je ne peux m’empêcher de m’exprimer directement à Alexi  pendant l’interview par ces quelques paroles : J’aime beaucoup cet aspect de « voyage dans le temps », de passer des images du passé au présent et vice versa parce que cela donne effectivement la notion de « durée » !

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