Rencontre avec MR BONTINCKX

Président de l’Association des commerçants et des habitants de la rue de Flandre.   Un adepte de la « politique douce » !

Depuis combien de temps êtes-vous en charge de cette association ?

Depuis 12 ans !  Certaines personnes voulaient animer un peu la rue.  Au départ,  nous étions entre 10 et 15 : j’étais simple trésorier.  Il y avait un président,   une secrétaire, …  mais au bout de 3 ans tout le monde a décroché et nous nous sommes retrouvés seuls.  Une dame m’aide pour faire les lettres et j’assume le reste

Qu’est-ce qui vous amené à prendre une telle responsabilité dans le quartier ?

 Je trouvais un peu bête d’avoir lancé quelque chose et de tout laisser tomber.  Et donc, j’ai continué.

En quoi consiste votre action de Président ?

Je n’ai pas l’habitude de relancer la Ville pour tout ce qui se passe parce que j’ai le sentiment que la plupart du temps cela revient à s’attaquer à un mur qui ne bouge pas !  Aussi notre action consiste à organiser une braderie une fois par an, le samedi et le dimanche de la journée sans voiture pour la 11ème fois cette année.  C’est une activité qui connaît un franc  succès !

A cela s’ajoutent les illuminations de décembre.

Pour la braderie et la brocante, les gens s’inscrivent.  Nous donnons bien-sûr priorité aux gens de la rue.  Certains voudraient qu’on ajoute la rue Lepage ou encore le Marché aux Poissons ou le Marché aux Porcs, la braderie perdra son identité « Rue de Flandres ».  Alors, nous restons dans la rue de Flandres.

Au début cela marchait entre la Place Sainte Catherine et le Marché aux Porcs.  Et il ya 3 ans, on a continué vers le canal.  Chaque année, cela marche de mieux en mieux.

J’imagine que ce genre d’action « solidarise » les gens du quartier en faisant quelque chose tous ensemble ?

La rue de Flandre est vraiment un village !  Surtout la partie entre la place Sainte Catherine et le Marché aux Porcs.  Le reste de la rue un peu moins car elle a été un peu délaissée.  Il n’y avait pas de commerces au début, les gens ne voulaient pas trop participer.  Il y a avait juste un marchand d’oiseaux et de poissons, le Palais du cache poussière et la friture Henri.  C’est tout ce qu’il ya avait.

Je trouve que c’est une aberration de la Ville d’avoir autorisé la fermeture des commerce  pour les remplacer par des garages ou en fermant les vitrines pour les remplacer par des habitations.  Cela a beaucoup dénaturé ce côté de la rue.

Il y a longtemps que vous êtes installé dans la rue ?

Depuis 33 ans !

Vous avez donc vécu de très près les changements que la rue a connus ?

Quand je suis arrivé, il n’y avait pratiquement rien.  Et au fur et à mesure que la rue Dansaert a pris de l’ampleur, la rue de Flandre s’est également développée.   Les gens voulaient venir ici aussi.

Nous avons de la chance dans la rue car il y a une grande diversité.  Au Marché au poisson, vous avez essentiellement des restaurants et des cafés.  Ici, il y a des restaurants,  des magasins de vêtements, des centres culturels (la Maison de la Bellone, la Maison de Roumanie , bientôt un magasin d’articles de cuisine, des coiffeurs, un serrurier,  des épiceries, un lavoir, bref, un peu de tout !

Qu’en est-il des travaux en cours ?  

Il y aura des appartements aux étages et un commerce au rez-de-chaussée.  J’ai connu ces maisons avant qu’elles ne soient abattues.   Cette construction est une bonne chose car elle met fin à un chancre qui existait depuis plus de 40 ans !

Beaucoup de gens ressentent les effets de la crise.  Vous qui connaissez bien la rue, constatez-vous une perte de dynamisme dans l’activité en cours ?

Je ne dirais pas cela.  Je parlerais plutôt d’une perte de moyens : les gens achètent moins, sortent moins au restaurant.  Deux restaurants de la rue sont une sorte de « baromètre » et ils indiquent cette diminution de fréquentation.  D’une façon très simple : vous y trouvez encore des places à midi alors qu’avant, ils affichaient complet !

Qu’est-ce qui vous aimez le plus de votre quartier ?

C’est bien sûr le côté village !  Comme le soulignait Mr Withofs, je traverse la place et je suis arrêté par des tas de gens.

Dans la rue, le gros avantage, c’est d’avoir des commerces avec des gens qui habitent aux étages.  C’est un mélange très vivant : les habitants font leurs courses chez les légumiers de la rue.  

Mais surtout, il y a un réel esprit d’entraide entre les habitants, des jeunes envers les personnes âgées par exemple !  C’est quelque chose que nous essayons de maintenir.  Il y a beaucoup de jeunes qui vivent ici.  Les appartements au dessus du Louvres par exemple  appartiennent au Quartier Latin (*) qui y loge des étudiants.  Nous essayons de développer des relations avec eux. 

Au départ, ils sont un peu réticents : on leur dit bonjour et ils se demandent ce qu’on leur veut ! Mais petit à petit, ils répondent au contact et s’intègrent dans la vie de la rue !

Quels sont les problèmes majeurs auxquels vous êtes confrontés ?

Le plus difficile –  me semble-t-il –  est d’éduquer les gens au niveau de la propreté.  Je ne peux pas dire de la rue soit « sale ».  C’est vrai qu’il y a des endroits, où de manière régulière, des camions viennent déverser des détritus.

A mon sens c’est parce que la Ville ne fait rien: elle ne verbalise pas suffisamment, elle ne trouve pas des solutions.  Au lieu de taxer les gens, il faudrait trouver l’argent là où faut !  Que ceux les pollueurs soient les payeurs !

Nous pensons aussi que l’éducation peut être un « investissement », en amenant les citoyens à plus de conscience.  C’est que nous faisons petit à petit par nos actions dans le quartier.  

Quel type d’action trouvez-vous utile dans la rue pour inciter à plus de conscience ?

Ce serait une bonne idée de rappeler à tous quels sont les jours de ramassage pour les différentes poubelles.  Bruxelles Propreté le fait de temps à autre.  Mais ce n’est pas suffisant.

Parmi d’autres difficultés, nous avons eu les travaux de canalisation d’eau, le quartier a été coupé par la saint Nicolas des étudiants  ainsi que les Plaisirs d’Hiver qui sont un moment difficile pour tous, habitants et commerçants.  J’ai écris une lettre à l’échevin en lui expliquant le problème : on coupe la rue le vendredi soir, le samedi parce qu’il y a trop de gens pour le marché de Noël et plus personne ne sait arriver chez nous !  Je n’ai pas obtenu grand-chose pour changer la situation.  Mais nous avons reçu 2000€ de subsides en plus pour la rue !  C’est ma manière de travailler, et je suis satisfait de ce que j’ai obtenu.

Je suis également secrétaire d’Atrium.  Cela me permet de mieux répondre aux questions et aux besoins des riverains.

Qu’est-ce qui vous passionne dans la vie ?

Le contact avec les gens !  Cà me botte !  Aller voir le gens, découvrir ce qui ne va pas, essayer de trouver des solutions aux problèmes, d’arranger « le truc » !

Qu’aimeriez-vous dire à vos voisins, simplement, comme çà de cœur à cœur ?  A tous ceux dont vous vous occupez avec tellement de générosité ?

Que tout le monde s’entende bien !  C’est la base de tout.  Tout le monde s’entend bien dans la rue.  C’est un quartier bien, dans la diversité habitants-commerçants.  C’est une richesse au fond.  Voyez la rue Neuve !  Si tout était habité aux étages, ce serait vraiment super ! A 19h., c’est fini, il ne s’y passe plus rien !  Beaucoup ferment à 18H.  Il n’y a plus de lumières, c’est sinistre. 

Je trouve que c’est le résultat d’une erreur de politique de la Ville à l’époque de Mr Simons.  Je m’explique.

Le problème avec les commerces, c’est la suppression des entrées particulières latérales pour gagner en surface commerciale.  De cette manière, il n’y a plus d’accès aux étages.  Au plus, le premier étage est utilisé comme réserve mais  le reste est complètement abandonné.

Un promoteur  voulait créer  un îlot entre la Place de la Monnaie et  la rue du Pont Neuf (ou par la rue aux Choux ????) pour marier  commerces et habitations avec une entrée par cette rue en construisant  un système de passerelles de façon à ce que les appartements  soient accessibles. Mais Mr Simons n’a jamais donné son accord à ce projet. 

Ce projet à été réalisé rue du Peuplier (juste après l’hôtel Welcome), où il y a un immeuble avec une cours intérieure équipée de ce genre de passerelle. 

Le grand avantage rue de Flandre, c’est que les étages au-dessus de beaucoup de commerces sont habités , soit par les commerçants eux-mêmes, soit par des locataires car les entrées latérales ont été sauvegardées ou aménagées.  Sinon, nous aurions le même problème qu’à la rue Neuve !

Nous avons des café « hip » : le Roskam; le Daring Man,  des endroits où il faut être vus, où il faut aller !!! Le laboureur aussi, le Royal…

Et la maison de la Bellone ?

Bien sûr, bien que je ne comprenne pas la politique de la Communauté française : ils ont mis tellement d’argent là-dedans et quand on voit le nombre de touristes qui viennent le samedi et le dimanche … et la maison n’est pas accessible !

Beaucoup de concorde !

 (*) association qui s’occupe de locations pour les étudiants à Bruxelles

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