Rencontre avec l’herboristerie Desmecht

L’Herboristerie DESMECHT, une histoire de famille !  

Dites-nous tout Mr Desmecht !

Cette histoire commence même avant la famille. C’est une histoire « d’indépendants » au départ.  Il y avait ici 2 magasins.  La Maison Fuhr, qui était un magasin de diététique avant la lettre.  En 1897, à côté, on a ouvert la droguerie Verlinden.  Mes parents arrivent après la deuxième guerre mondiale.  Mon père reprend la droguerie.  Les droguistes en fait, étaient les herboristes de l’époque.  Ils vendaient à la fois les produits chimiques d’entretien et les plantes.  Petit à petit, les fonctions ont été scindées.  Les pharmaciens ont repris la partie « plantes » et ils ont commencé à se spécialiser pour la médecine. Au fil du temps, l’herboristerie a commencé à se développer de manière « scientifique » et aujourd’hui la science confirme à 99% ce que le gens connaissaient il y a bien longtemps par expérience, des associations qu’on ne sait pas encore améliorer à l’heure actuelle.

Mon père a donc repris la droguerie Verlinden où il a travaillé.  Dans les années 70, nous avons aussi repris le magasin diététique où ma maman travaillait.  Ici (ndlr : les locaux actuels de l’herboristerie) le magasin était plus petit.  On vendait des aliments de diététique et tout ce qui est oriental : nourriture chinoise, …  Il y a une quinzaine d’années, nous avons fermé la droguerie et mon père a pris sa retraite.Et quelque part, j’étais content car je préférais les produits naturels.  J’ai fait des études de naturopathe.  Je suis « Heilpraktiker ».  C’est un diplôme allemand.

Nous avons développé les plantes et mes idées sur les plantes: comment mettre à la disposition des gens de la ville des produits naturels dans un contexte sérieux ! 

Notre slogan est « natural solutions » : donner des solutions naturelles avec l’idée qu’il faut que cela marche !!!

Notre recherche est axée là-dessus: quand on vend quelque chose, cela doit donner des résultats.

Beaucoup de gens pensent et disent que les plantes, ça ne marche pas !  Nous voulons qu’il y ait des résultats.  Nous avons des dizaines de médecins et de pharmaciens qui sont clients chez nous justement parce que nous sommes sérieux.  Les médecins nous envoient des clients, les pharmaciens aussi.  Ce n’est pas notre créneau principal car ils restent souvent dans leur monde « pharma-médecin ».  Il faut aussi dire que fort heureusement, beaucoup de pharmaciens ont aussi développé les plant es dans leurs officines, et la cosmétique naturelle, etc. Mais notre caractéristique est d’avoir une approche tout à fait naturelle et holistique (1).  C’est ce qui fait la différence.Ici, nous avons un laboratoire avec une production propre : pommades, certains produits cosmétiques, mélanges de plantes,… 

Comme on a toujours vendu les plantes dans la droguerie, il nous reste d’anciens manuscrits d’origine où l’on trouve encore tous les vieilles recettes. Nous restons bien sûr toujours dans l’alimentaire. Au fil du temps, les lois ont évolué.  Les plantes ne sont plus considérées comme médicaments mais elles sont tolérées comme compléments alimentaires.  Mais la ligne entre les deux n’est pas très précise.  Où s’arrête le médicament, où commence l’alicament comme on dit maintenant, ou la nourriture proprement dite ?  C’est une zone un peu floue.

Comment pourriez-vous définir cette limite ?

Pour ma part, la limite, c’est la toxicité qui détermine ce qui est autorisé.  Le premier principe c’est de ne pas nuire ! Nous ne faisons que ce qui est autorisé.  Ce que nous vendons est agréé par le Ministère comme aliment : vitamines, minéraux, plantes.  Il existe des listes positives de choses que nous pouvons vendre et des listes de produits qu’on ne peut plus vendre car trop toxiques.

Ce que nous donnons à nos clients, c’est la connaissance que nous avons.  Quand vous venez chez nous, nous sommes capables de dire le vrai et souligner le faux.  Nous savons jusqu’où nous pouvons aller.  Il y a des gens qui viennent chez nous en disant : j’ai une maladie grave.  Notre réponse est claire : ne vous faites pas d’illusions...  Nous expliquons bien les dangers des médecines naturelles : on peut utiliser des remèdes naturels mais il ne faut pas perdre du temps précieux car la maladie peut évoluer et s’aggraver.  Nous essayons de conseiller les gens de la manière la plus sérieuse possible. Sans être trop commercial.

Vendre oui, mais avec éthique !

D’autre part,Il est clair que nous sommes aussi des commerçants.  Nous ne sommes pas une asbl.  Nous nous inscrivons cependant dans la lignée du commerçant « ancien », avec éthique tout en voulant quand même gagner notre vie.  Cela ne nous empêche pas de dire – comme les pharmaciens d’ailleurs : nous ne vendons pas tel type de produit, vous pouvez trouver une meilleure réponse ailleurs.  Nous conseillons également aux clients d’aller en pharmacie où ils auront un remède beaucoup plus efficace car nous n’avons pas chez nous la réponse pour le problème qu’ils présentent. Mais il est clair que nous savons faire beaucoup de choses.  Nous ne sommes pas du tout contre les médicaments.  Je pense qu’il y a une synergie entre les deux.  Tout dépend du cas.  Mais je suis convaincu que la première chose à faire est de soigner d’abord de façon naturelle et de prévenir au lieu de guérir.  Et si ça ne marche pas, on va voir plus loin.

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

J’aime la variété des approches.  En fait, nous touchons à tout : à la vie elle-même, parfois à des choses graves.  Nous voyons les gens comme ils sont, dans leur souffrance.  En général, l’action est préventive pour rester en bonne santé.Nous regroupons beaucoup de compétences.  Ma fille et mon gendre ont fait Solvay, une psychologue travaille ici aussi, des biologistes, nutritionnistes,… mais tout le monde est herboriste.  On essaye de faire une approche scientifique mais avec nos propres idées : comment fonctionne le corps, …On suit le double regard comme le disent les Indiens (Lakota Sioux): « MetakuyeOyasin » qui veut dire que tout est lié et interconnecté.  C’est mon approche.  Il faut penser plus loin qu’on ne voit !  On regarde le problème que l’on traite avec des plantes, des produits actifs, mais aussi avec des nutriments. On fait toujours deux choses : nourrir le corps et donner des produits actifs pour diriger le corps dans une direction.  Par exemple, si vous venez pour de l’arthrose, il faut voir l’ensemble, conseiller de la kiné le cas échéant.  Par ailleurs, les symptômes sont aussi souvent l’expression d’un terrain déficient.  Il faut regarder plus loin.  Et toujours réfléchir deux fois, une fois d’un côté, une fois de l’autre.  La dualité en toute chose ! Il est fondamental de regarder toujours plus loin, de réfléchir.

Nous sommes également une entreprise, nous devons gérer aussi le côté économique et pouvoir gagner notre vie.  Ce n’est pas toujours facile car nous faisons un métier du Moyen Age qui demande beaucoup de personnel mais avec les contraintes du monde d’aujourd’hui !

Il n’en reste pas moins que c’est un métier passionnant, complet et très riche que nous voulons pratiquer avec éthique.

(1)Du grec holos,  » le tout « , ce terme désigne toutes les approches de la vie, ou toutes les techniques thérapeutiques qui prennent en compte la globalité de l’individu. Par exemple, une vision holistique de l’être humain tient compte de ses dimensions physique, mentale, émotionnelle, familiale, sociale, culturelle, spirituelle.

http://www.psychologies.com
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