Les Halles St Géry, berceau de la ville

Les Halles Saint-Géry étaient un ancien marché couvert situé en plein centre de Bruxelles au cœur d’un quartier chargé d’Histoire.

À l’origine: l’île Saint-Géry

C’est à cet endroit que se trouvait la plus grande île formée par la Sennel’île Saint-Géry nommée en souvenir de Saint Géry, évêque de Cambrai qui y aurait bâti une chapelle vers l’an 580.  Au Xe siècle, la chapelle, devenue église Saint-Géry, accueille les reliques de sainte Gudule morte deux siècles plus tôt. Plus tard, elles seront transférées dans l’ancienne église Saint-Michel qui deviendra la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. Une vieille tradition prétend que la chapelle  des origines était l’oratoire de Charles de France, qui serait le fondateur de Bruxelles. La recherche historique émet de plus en plus de doutes à ce sujet.
La tradition place également à cet endroit le premier castrum des ducs de Lotharingie (1) qui marque la naissance de la ville de Bruxelles au Xe mais dont les vestiges n’ont pas été retrouvés.

L’endroit est important: autour de l’île se trouvaient quatre moulins à eau, les sources d’énergie de l’industrie médiévale. Nous sommes véritablement dans le cœur historique de Bruxelles.

XVIIIe siècle, place publique

Sous le régime révolutionnaire français – à la fin du XVIIIe siècle – l’église gothique de la fin du Moyen Âge qui avait remplacé l’église primitive est rasée.   La Ville de Bruxelles y aménage une place publique ornée d’une fontaine, surmontée d’un obélisque.  Cette fontaine date de 1767.  Elle a été récupérée de la cour de l’abbaye de Grimbergen.

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La place Saint-Géry en 1820, avec les tours des Riches Claires à l’arrière.

XIXe siècle, marché couvert

Pendant tout le XIXe siècle, la place accueillera un marché.  Finalement, on y construira un marché couvert. Œuvre de l’architecte belge  Adolphe Vanderheggen (2).  Il est principalement connu pour l’édification en 1881 des Halles Saint-Géry à Bruxelles en style néo-Renaissance flamande.

Le bâtiment est inauguré en1882. C’est remarquable exemple architectural de la conception de halles. La structure de l’édifice est métallique. L’intérieur, qui inclut l’ancienne fontaine, comportait quatre rangées de doubles étals de pierre bleue. 

Le marché Saint-Géry prospère jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Délaissé ensuite par les commerçants, il est finalement fermé en 1977. Le quartier pourtant proche du centre-ville périclite, de nombreuses maisons sont laissées à l’abandon.

La Renaissance des Halles

Malgré un classement du bâtiment en 1987 et plusieurs tentatives de réaffectation commerciales ou culturelles sans lendemain, il faudra plus de vingt ans pour que les Halles bénéficient d’une réhabilitation définitive.

Depuis 1999, les Halles Saint-Géry sont occupées par un centre d’information consacré au patrimoine bruxellois et à la qualité de vie de ses habitants. De nombreuses expositions et des évènements en tout genre y sont organisés. 

Marché au poulet sur un ilot, le quartier Saint-Géry revitalisé, est devenu aujourd’hui un des quartiers les plus branché de la capitale, où le nombre de tables en terrasse au mètre carré est le plus élevé de la capitale. Il grouille de bars et ne désemplit pas. L’ambiance détendue du quartier en fait un des lieux les plus fréquentés et les plus agréables de la Capitale.

La fontaine à l’intérieur de Saint Géry

La superbe fontaine-obélisque qui trône au sein des Halles Saint-Géry provient en fait de l’abbaye des Prémontrés à Grimbergen où elle fut prélevée par un entrepreneur chargé de réaliser la place, jadis surnommée place de la fontaine et aujourd’hui devenue Place Saint-Géry. Cette fontaine monumentale avait été érigée en 1767 sur ordre de l’abbé Sophie.

Haute de plus de dix mètres, elle se compose d’un socle surmonté d’un obélisque pyramidal. Sur deux faces latérales de la base, deux lions en bronze déversaient de l’eau dans des bassins. Les quatre faces du socle sont ornées de rocailles Louis XV. L’obélisque repose sur quatre pieds. Ses faces moulurées convergent au sommet vers une étoile dorée à huit branches.

(1) La Lotharingie désigne le royaume de Lothaire II (du latin Lotharii Regnum), arrière-petit-fils de Charlemagne. Il fut constitué en 855. Après sa mort, elle fut l’enjeu de luttes entre les royaumes de Francie occidentale et de Francie orientale, avant d’être rattachée au Royaume de Germanie en 880. Il devint un duché au début du Xe siècle. Dans la deuxième moitié du Xe siècle, le duché fut scindé en un duché de Basse-Lotharingie et un duché de Haute-Lotharingie, qui deviendra la Lorraine1.

(2) Adolphe Vanderheggen est  représentatif d’une part de l’architecture néoclassique : on lui doit les n° 190 et 198 de la Chaussée d’Ixelles et le n° 56 de la rue des Confédérés à  Bruxelles ; et d’autre part, de l’architecture éclectique en Belgique comme l’Immeuble « Le Printemps » bd Adolphe Max.

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