La tour Ste Catherine

Tour de l'ancienne église Sainte-Catherine de Bruxelles — Wikipédia
Emblème de notre Carillon, la tour est l’ultime vestige de l’église Sainte-Catherine qui précéda l’église actuelle.

L’ancienne église était plus petite (50, puis 80 m x 30 m) Elle remplaçait une chapelle initiale adossée à la première enceinte. Elle fut construite en style gothique aux XIVe et XVe siècles. Devis 600 florins pour une maçonnerie de 1,25 m d’épaisseur. 

Au XVIIe siècle, on lui ajouta d’un chœur et d’un clocher baroque. La construction de ce clocher se fit en plusieurs étapes. Pendant 35 ans, les Bruxellois purent contempler une tour arrêtée au  deuxième étage et coiffée d’une toiture provisoire en chaume. Terminée en 1644, la tour carrée est en grès,  surmontée d’une d’une toiture octogonale à petit bulbe. En 1745, elle fut équipée d’une horloge à quatre cadrans et d’une flèche. Les cadrans indiquaient les heures de départ des barques publiques pour Vilvorde, Malines et Anvers.

L’église n’est pas à l’abri des inondations. En 1846, le dallage de marbre est restauré mais en 1850, il s’affaisse de nouveau. Les offices sont interrompus pendant plusieurs jours.

En 1851, on peut lire dans un journal local :« De tous les édifices religieux de Bruxelles, Sainte Catherine est le moins digne de sa destination, le moins digne d’appartenir à une grande ville. Architecture bâtarde, la façade, masse informe n’appartient à aucun style, c’est la façade d’une église de village, irrégulière de toutes façons, un amalgame de styles où domine le gothique. Jamais on n’en fera un édifice convenable ».  

En 1853, pose de la première pierre de la nouvelle église : « l’ancienne sera probablement démolie sous peu. Il n’en restera que la tour, qui sera considérée comme appartenant au nouveau temple, quoiqu’elle en soit séparée. »

A partir de la consécration de la nouvelle église, le bâtiment accueillera des expositions-tombolas organisées par la Société royale de Philanthropie. Elle servira également au remisage des décors de la Monnaie. En 1879, s’y installera un dépôt mortuaire pour adultes et enfants pauvres avant le transfert des corps au cimetière.
Dans l’ancien presbytère, une grande salle est organisée en salle d’hôpital : 15 lits, 8 grands et 7 petits !

En 1883, lors de l’assainissement du quartier de la Vierge Noire, deux solutions sont proposées : isoler l’église désaffectée au milieu d’un square ou la démolir complètement.
Grâce à Charles Buls, la tour sera épargnée. Des esthètes y découvrent la splendeur des plafonds, chefs d’œuvre d’artistes italiens du 18e. Ils y auraient utilisé un ciment spécial « dont le secret ne nous est pas parvenu. (1888) ».

La démolition commence finalement en 1889. La morgue est transférée rue Melsens (puis dans la tour). Les décors de la Monnaie déménagent vers la chaussée d’Anvers.
Sous le maître-autel, on découvre « un caveau scellé par une dalle de marbre. Un escalier de quelques marches y donne accès. De part et d’autre, des squelettes parfaitement conservés dont celui du dernier curé de la paroisse M. Rombaut. »

Entre 1913 à 1930, la ville procéda à sa restauration. Elle sert actuellement de dépôt pour le matériel de Bruxelles propreté du quartier

Le peintre belge Henri Lallemand nous a laissé plusieurs toiles montrant le bassin, l’ancienne église et le Marché au Poisson.

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