A découvrir : des vêtements proposés avec de belles valeurs dans le respect et la durabilité, par une équipe dynamique et créative !

La devanture de Wonderloop
devant Wonderloop

Quel a été votre parcours jusqu’à votre boutique ?

J’ai fait mes études en sciences politiques et relations internationales à Lille. Je suis venue à Bruxelles il y a 7 ans pour me spécialiser en migration et droits de l’homme. J’ai travaillé dans ce domaine pendant 3 ans dans des ONG. Ensuite, dans le développement durable : je rédigeais des articles sur la production et la consommation responsables dans le textile et l’électronique. Cela m’a sensibilisée à la Fastfashion et à la Slow fashion. Les vêtements que j’achetais alors n’étaient pas en accord avec mes valeurs. Il y a tout un monde secret dont on n’a pas conscience derrière les vêtements qu’on achète. J’ai cherché des marques qui correspondaient à mes valeurs. Mais elles n’étaient vendues qu’en ligne. En octobre 2016, j’ai découvert une boutique à Paris qui en vendait. Je me suis dit qu’il fallait une boutique comme çà à BXL. Et il y a un peu plus d’un an, je me suis lancée!

Etre entrepreneuse correspond plus à mon tempérament : j’aime prendre des décisions, j’ai un bon sens des responsabilités. La variété me plait ! J’aime le fait d’arriver le matin et de faire un peu de ménage, de me faire plaisir en mettant les vêtements en rayon, ensuite un peu de communication en ligne, un peu de stratégie en passant les commandes, un peu de compta… En gros 10 casquettes ! C’est à la fois exaltant car j’adore tout faire, et épuisant car on a besoin de 10 cerveaux !

Une fois l’idée « apparue », je me suis rendue compte que je n’avais pas les compétences pour ! J’ai donc fait des formations pendant le 1° semestre 2017 : accès à la gestion, bases de comptabilité, accompagnement avec CREDAL, une structure de micro crédit pour particuliers et jeunes entrepreneurs, avec 2 ans de suivi par un coach pour savoir ce qu’est un chef d’entreprise, comment développer un business plan et s’équiper dans ce domaine.

Ensuite j’ai suivi le programme du Greenlab – une agence bruxelloise pour le développement des structures durables. Ils m’ont donné un vrai coup de boost en disant : « On peut avoir la meilleure idée du monde mais à un moment donné il faut la tester ! ». Alors, nous – Selene et moi – avons fait un premier test en sept. 2017. Elle est Suisse avec une formation en design textile. Notre relation dépasse largement le cadre employée/gérant : elle est ma conseillère. Nous prenons beaucoup de décisions ensemble !

En un an, les choses se sont accélérées. D’abord, les pop up, pour tester le concept et les quartiers où on voulait s’implanter : Marolles, Dansaert ou Bailly. Les Marolles en septembre, la rue de Flandre en octobre et en fait … on ne l’a jamais quittée ! Premier test : dans un café pendant 2 jours, avec 5 marques et créateurs. Ensuite, 4 jours chez Alice Gallery en octobre. Les gens étaient enthousiastes, le concept marchait bien. On est y restées jusqu’en janvier.

Nous n’avons pas choisi la rue de Flandre par facilité – j’habite Boitsfort et Selene, Gare du Midi – mais parce qu’on s’y sent bien, avec ses petites boutiques indépendantes qui correspondent bien à nos valeurs. En plus, nous sommes toutes les deux très gourmandes ! Et on est bien entourées par des restaurants de qualité même si nous n’avons pas beaucoup le temps d’en profiter ! Mais c’est très agréable de pouvoir prendre une pause autour des bassins ou Place Sainte Catherine !

En mars, nous avons trouvé ce local, avec un très bon contact avec la propriétaire. On a ouvert rapidement en avril. On a préparé les travaux à faire avec un cabinet d’architecte bruxellois en juin, juillet, août pour les réaliser en septembre. La « vraie » ouverture a donc eu lieu le 9 octobre 2018 Ici, tout est « durable ». Les architectes ne travaillent qu’en économie circulaire : 95% des matériaux sont de réemploi. Maintenant, nous avons un cadre et un aménagement intérieur, tel un écrin à la hauteur de la beauté des pièces proposées, dans le même esprit et avec les mêmes valeurs.

En quoi consiste le concept « Wonderloop » ?

C’est une boutique « slow fashion » qui privilégie la qualité sur la quantité. La « slow » food, c’est le bio, le local, le circuit court. Je pose d’abord la question : comment on utilise nos vêtements, comment les choisir, les porter en respectant au mieux l’environnement et les personnes qui les ont fabriqués. C’est très en rapport avec l’idée de la Pyramide de Maslow. Mon premier conseil : portez tout ce que vous avez, peu importe d’où cela vient ! Ensuite, pour de nouvelles choses, ce n’est pas nécessaire de passer par l’achat en premier : on peut emprunter, échanger, louer, transformer, réparer. Si on doit acheter, on peut le faire en seconde main. Une fois ces étapes épuisées, se pose la question de l’achat du neuf et c’est là que Wonderloop arrive ! Une boutique slow fashion qui propose des vêtements neufs à la vente pour homme et femmes, une gamme d’articles et d’accessoires assez complète, qui va de la tête au pied : bonnets, chaussures, gants, sous-vêtements. Et même des sacs à dos. Et plus d’articles encore pour la période de Noël. Sans oublier que nous prévoyons des soldes éthiques pour janvier !

Nous avons une combinaison de marques et de petits créateurs : Wear a story, Alice et Coulemelle, 3 créatrices bruxelloises, tous choisis en fonction de critères de durabilité sociale et environnementale. On fait attention aux matières utilisées et aux conditions de production (label Fair Trade ou Gots). Nous voulons que ce que les gens achètent corresponde à leurs valeurs. Pour le style, nous voulons rester dans le « Casual chic », des basiques simples et élégants pour tous les jours, mais aussi des pièces plus habillées et festives. On veut s’éloigner des 2 clichés extrêmes dans la mode éthique : des choses ternes et hors de prix ou des vêtements excentriques, hippies (sans connotations négatives de ma part !).3ème critère : le prix. Des articles abordables, avec des gens bien rémunérés du début à la fin de la chaîne de production et parfois même faits à Bruxelles. Expliquer le prix des vêtements est une démarche « d’éducation » : payer 25€ pour un T-shirt c’est normal, surtout pour un article qui va durer 5 ans.

Qu’apporteriez-vous de plus à ce quartier ?

Plus de verdure !!!!! J’adore ce qui a été fait rue des Eperonniers : des suspensions végétales ! Je trouve cela trop bien ! J’ai hâte de participer à la prochaine réunion des commerçants pour savoir un peu plus ce qui est déjà en place. Ce que j’aime ici, c’est l’ambiance d’entraide et de solidarité. Nous avons choisi nos heures d’ouverture en fonction de nos voisins. Une nocturne est prévue le 13 décembre. Pourquoi pas ouvrir ensemble un jeudi soir ou un dimanche de temps en temps ou le 15 août ? Et la Brocante, c’est super chouette. Et à tous les touristes, je dis : allez-voir la Bellone !!! Je ne dis pas qu’il faut la mettre plus en valeur. C’est bien aussi que ce soit un peu un « secret » mais c’est un beau secret que j’adore partager !!!